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Réforme de la Pac Les agriculteurs britanniques redoutent la renationalisation

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L’Union des agriculteurs britanniques (NFU) a adressé, le 15 avril, un « manifeste » aux futurs députés européens. A l’occasion de la refonte du budget communautaire prévue à l’horizon 2013, la NFU plaide pour que la recherche et le développement soient la priorité numéro un de l’UE et que la Politique agricole commune reste « véritablement commune ».

Outre demander le réexamen d’une série de législations européennes aux effets jugés catastrophiques – la directive sur les nitrates, le règlement sur les coproduits animaux, les règles sur les EST ou sur l’identification et l’enregistrement des ovins –, les agriculteurs britanniques demandent aux futurs députés européens de « saisir l’occasion de la révision du budget européen pour placer la recherche et le développement au rang des priorités numéro un des dépenses communautaires », dans un manifeste publié en vue des élections du 7 juin prochain. L’implication des députés de Strasbourg dans la définition de la politique agricole européenne ne cesse de croître, fait remarquer la NFU. Raison pour laquelle l’organisation demande au Parlement européen d’assurer qu’à l’avenir il fasse preuve d’une vigilance renforcée pour que cette politique soit réaliste, proportionnée et fondée sur des études d’impact rigoureuses. Le manifeste épingle au passage la nouvelle législation sur les pesticides, « tout simplement inacceptable ».

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Un médiateur européen de la chaîne alimentaire

De plus, la Pac doit rester « véritablement commune sur l’ensemble du territoire de l’UE », insiste la NFU qui demandent que soient gommées les distorsions dans son application d’un Etat membre à l’autre. Elle met en garde contre toute velléité de renationalisation. Autre sujet de préoccupation des agriculteurs britanniques, le déséquilibre dans la répartition des forces au sein de la chaîne alimentaire. « L’Europe est le vivier de certains des plus grands distributeurs du monde. Nous ne sommes pas contre le succès ou le profit. Nous voulons simplement qu’au sein de la chaîne alimentaire, la répartition des risques et des gains soit équitable », écrivent-ils. Ils suggèrent aux élus européens de reprendre à leur compte la proposition britannique d’introduire un code de bonne pratique de la chaîne alimentaire dont l’application serait contrôlée par un médiateur. Enfin, la NFU plaide pour l’instauration d’un étiquetage obligatoire du pays d’origine pour les produits frais et de première transformation.