L’association des agriculteurs composteurs a lancé le 14 avril une charte des bonnes pratiques, pour accroître la part de marché du compostage agricole, face au compostage industriel.
Pour l’instant, l’essentiel du compostage des biodéchets est assuré par des grands groupes. Environ 4,5 millions de tonnes de biodéchets sont compostés par an en France. Sur ce tonnage, le compostage effectué par les agriculteurs représente 200 000 tonnes, a indiqué l’Association des agriculteurs composteurs le 14 avril lors d’une rencontre organisée par l’association Trame (qui rassemble plusieurs réseaux associatifs de développement agricole). Le compostage agricole est pratiqué sur 21 des 700 plates-formes que compte le compostage français. Lucien Gerbier, président de l’association, estime qu’il y a place pour 3 à 4 agriculteurs composteurs par département.
Parmi les biodéchets, citons les déchets verts (tontes de gazon, feuilles, mauvaises herbes, élagage d’arbustes), les boues de station d’épuration, la fraction fermentescible des ordures ménagères, les effluents d’élevage, les déchets de l’industrie agroalimentaire végétale.
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Une nouvelle diversification
Les agriculteurs composteurs sont en même temps utilisateurs de compost comme engrais organique, un marché en plein essor du fait du développement des pratiques culturales moins énergivores et s’adressant davantage aux ressources locales. Étant en même temps utilisateurs, les agriculteurs sont particulièrement sensibles à la qualité des composts. Il y a dix ans, les industriels compostaient des ordures ménagères en laissant des résidus de plastiques, a indiqué Lucien Gerbier. « Je préfère perdre un marché plutôt que de souiller mes sols ! », s’est exclamé Francis Tardieu, agriculteur près de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Une concurrence s’engage entre industriels et agriculteurs. Les industriels ont fait des progrès, notamment du fait d’une norme Afnor (norme n°44-051, « amendements organiques ») qui intronise le compost dans les circuits commerciaux.
Pour les agriculteurs, le compostage est une nouvelle diversification, une nouvelle source d’approvisionnement en engrais, qui leur donne un poids économique supplémentaire quand ils négocient des achats d’engrais avec l’industrie chimique. La charte ne porte pas seulement sur les produits, mais aussi sur les process. Les collectivités locales ne peuvent que se réjouir de cette concurrence des acteurs voulant traiter leurs déchets. Les agriculteurs composteurs ont l’atout d’être situés à proximité des gisements de biodéchets. « Les élus sont sensibles au fait que nous sommes disponibles 24 heures sur 24 », a ajouté Francis Tardieu.