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Importations Les agriculteurs italiens en lutte contre les « imitations »

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Le syndicats d’agriculteurs italiens Coldiretti a lancé une campagne de protestation contre les importations de produits semi-finis servant à préparer des spécialités nationales comme les pâtes, la mozzarella ou le jambon. Il a reçu le soutien de la ministre de l’agriculture, Nunzia De Girolamo, qui a estimé que la défense de produits entièrement italiens pourrait être un moyen de plus « pour sortir de la crise ».

Dans le cadre d’une initiative appelée « La bataille de Noël : choisis l’Italie pour combattre les imitations », le syndicat agricole Coldiretti a notamment mis en place le 4 décembre un poste à la frontière avec l’Autriche où elle filtre et contrôle, avec l’aide des forces de l’ordre, les importations de denrées. Selon lui, jusqu’à 33 % des produits sortant des grandes entreprises alimentaires italiennes sont en réalité d’origine étrangère, même s’ils ont le label « Made in Italy ».
Dans un manifeste, la Coldiretti demande entre autres au gouvernement de terminer l’adoption d’une série de lois rendant obligatoire sur les étiquettes l’origine des produits agroalimentaires et de réserver les aides publiques aux entreprises italiennes utilisant des matières premières produites dans la péninsule.
 
Des jambons locaux issus de porcs danois, français ou autres
Deux jambons sur trois vendus comme du « Made in Italy » sont en fait produits à partir de porcs étrangers, élevés aux Pays-Bas, au Danemark, en France, en Allemagne et en Espagne, affirme la Coldiretti, qui accuse la plus grande entreprise du pays dans ce domaine, Parmacotto, d’avoir triplé ses importations de porcs l’année dernière.
Le syndicat estime que 36 000 éleveurs ont perdu leur travail depuis 2007. « Huit mille de ces emplois étaient dans l’élevage de porcs, l’équivalent d’une grande entreprise industrielle. Un pays en crise comme le nôtre ne peut pas se le permettre », a déclaré son président, Roberto Moncalvo.
Le syndicat considère aussi qu’un tiers des pâtes italiennes sont fabriquées avec du blé importé et la moitié des mozzarellas avec du lait provenant de l’étranger, tandis la moitié de l’huile d’olive serait issue d’olives importées.
L’organisation patronale Confindustria a pour sa part dénoncé « la logique protectionniste » de la Coldiretti et défendu la libre circulation des biens dans l’UE.

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