Plusieurs centaines d'hectares au moins auraient été inondés suite aux intempéries survenues dans le Var. Bon nombre d'exploitations seront durablement handicapées. Les agriculteurs accusent la réglementation européenne sur la biodiversité qui les empêche d'entretenir les cours d'eau pour en réguler le débit. Le président de la FNSEA a fait des propositions au Premier ministre.
RÉPÉTITION. Les violentes intempéries dans le Var et les inondations qui en ont résulté le week-end du 17 janvier ne sont pas un cas unique. Déjà, en 2008, 2009 et 2011, les terres agricoles avaient payé leur écot à des débordements aussi soudains. Du coup, le ras-le-bol a gagné la population rurale. Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA, s'est rendu sur les lieux. Et il accuse : « S'il y a eu de si fortes inondations dans le Var, c'est qu'on n'a plus le droit de faire des travaux d'entretien dans les rivières en amont ». Il ajoute : « La cause de cela, ce sont des réglementations environnementales européennes. » Cette impossibilité d'entretenir les cours d'eau, ajoutée à l'urbanisation, provoque un « effet cuvette » avec un débordement soudain qui concentre le flux dans les terrains agricoles, selon Jérôme Despey. « Dès qu'un agriculteur veut pratiquer des travaux d'entretien sur les bords des rivières, il en est empêché par la police de l'eau », poursuit l'élu de la FNSEA. Celui-ci compte alerter les ministres concernés, celui de l'Agriculture et celui de l'Environnement. Les évaluations sur l'ampleur des inondations dans le Var ne sont pas encore terminées. Le maraîchage, l'horticulture et la viticulture sont les secteurs les plus touchés selon Jérôme Despey.
X. Beulin propose une meilleure prise en compte des dégâts
Dans un courrier adressé le 22 janvier au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le président de la FNSEA tire les leçons des crues varoises et fait des propositions. Il constate, comme Jérôme Despey le faisait la veille, qu'une des causes est l'impossibilité d'entretenir les cours d'eau en raison des directives européennes sur la biodiversité. Le président de la FNSEA demande d'abord « une simplification des démarches administratives et la mise en place d'une Charte du contrôle de police de l'environnement ». En second lieu, il propose de mettre en place « des contrats de prestation de service environnemental entre les collectivités locales et les agriculteurs ». Ceci afin de rémunérer le service rendu dans les zones d'expansion des crues. Enfin, Xavier Beulin demande que la solidarité nationale joue pour indemniser les victimes d'une inondation ayant causé des dommages conséquents pour les agriculteurs.
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Plus de cohérence
Le 21 janvier, le préfet Laurent Cayrel annonçait dans la soirée la création de syndicats de gestion des cours d'eau avant la fin 2014 sur l'ensemble du département. « Fin 2014, tous les cours d'eau du Var seront couverts par un syndicat de gestion », expliquait le préfet, qui tenait mardi après-midi «une série de réunions de travail avec l'ensemble des acteurs varois ». Ces syndicats mixtes (réunissant communes et intercommunalités) couvriront l'ensemble du bassin versant de chacun des cours d'eau afin de réaliser les aménagements nécessaires. Pour le moment, chaque commune intervient sur ses rivières, avec « un manque de cohérence », a précisé Laurent Cayrel. En outre, le préfet a annoncé que la constructibilité serait dorénavant soumise à des plans de prévention du risque inondation (PPRI) opposables à partir de la fin du 1er trimestre 2014. « Les PPRI s'imposeront aux PLU (plans locaux d'urbanisme) et vont limiter la constructibilité. La chambre d'agriculture du département a d'ailleurs réactivé sa cellule de crise ». « On pense qu'a priori, l'horticulture est la filière la plus durement touchée », disait, prudente, une porte-parole de la chambre. « La plaine agricole (de Hyères) a été particulièrement frappée ». Une demande de classement en calamité agricole a été demandée.