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Produits laitiers Les aides de l’UE à l’exportation fortement réduites

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Après avoir annoncé le 19 octobre à Luxembourg une aide de 280 millions d’euros ciblée sur les producteurs de lait les plus en difficulté (1), la Commission européenne a mis, le 22 octobre, un coup d’arrêt aux dépenses en faveur du secteur en réduisant fortement le niveau des restitutions à l’exportation.

A compter du 22 octobre, les aides à l’exportation de 228 euros par tonne sur le lait écrémé en poudre ont été purement et simplement supprimées. De plus, les subventions ne sont plus désormais que de 175 euros la tonne (- 50 %) sur le lait entier en poudre et de 377 euros la tonne (- 42 %) sur le beurre. Cette mesure a été prise compte tenu des demandes des exportateurs jugées excessives (61 000 t pour le beurre, 175 000 t pour le lait écrémé en poudre et 13 700 t pour le butteroil), explique-t-on dans les services de la Commission. Au bout du compte, la Commission n’a accordé des restitutions que pour 1 013 t de beurre, 200 tonnes de butteroil et 12 813 t de lait écrémé en poudre.
« Les prix, tant sur le marché mondial qu’au sein de l'UE, se redressent fortement », explique-t-on à Bruxelles pour justifier cette décision.
En septembre, selon les services de la Commission, les prix moyen des principaux pays exportateurs de l’UE ont augmenté de 12 % pour le beurre, de 9 % pour le lait écrémé. Dans le même temps, les cours relevés sur le marché mondial indiquent des hausses de 20 % pour le beurre, de 10 % pour le lait entier en poudre et de 15 % pour le fromage (Cheddar).

Les « 21 », fragile coalition
La pilule risque néanmoins d’être amère pour la filière qui aura beaucoup plus de mal à écouler ses surplus sur le marché mondial étant donné la concurrence des autres grands pays fournisseurs qui reste importante.
Cette décision de revoir les restitutions à la baisse qui a été prise par la Commission, après avoir été avalisée par les Etats membres, réunis au sein du comité de gestion de l’UE, montre la fragilité de la coalition des 21 pays qui, sous la houlette de la France et de l’Allemagne, se disent favorables à davantage de régulation et d’intervention sur le marché. Seuls 13 pays, dont la France, ont voté contre la réduction de ces subventions, tandis que l’Allemagne s’est abstenue et que l’Italie, également membre de la coalition, s’est prononcée pour le projet de Bruxelles. Il est clair qu’un refus massif des « 21» aurait contraint Mariann Fischer Boel, la commissaire à l’agriculture, à prendre une mesure moins radicale à l’encontre d’un secteur traumatisé par des mois de crise.
Du 23 janvier au 13 octobre 2009, la Commission a délivré des licences à l’exportation pour 145 000 tonnes de beurre, 249 000 tonnes de lait écrémé en poudre, 236 000 tonnes de fromage et 805 000 tonnes pour les autres produits, y compris le lait en poudre entier.

(1) Voir n°3223 du 26/10/2009

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