Le ministre de l’Agriculture français Dominique Bussereau a tenté d’obtenir plus de souplesse de la part de la Commission européenne, lors du Conseil agricole du 20 novembre, afin de venir en aide aux éleveurs situés dans les zones de vigilance instaurées pour lutter contre la fièvre catarrhale.
En grande partie épargnée par la diffusion du virus exotique de la fièvre catarrhale qui sévit depuis la fin de l’été dernier dans le nord de l’Europe, la France maintient malgré tout un dispositif de surveillance très strict autour des foyers de la maladie. Selon le dernier pointage réalisé par la Commission européenne, en date du 17 novembre, 1 879 foyers de la maladie étaient décomptés sur le territoire de la Communauté, essentiellement en Allemagne (744 cas), en Belgique (626) et aux Pays-Bas (437). Seuls six foyers ont été confirmés en France. Mais face à la rigueur des mesures de précautions prises dans ce pays et à leurs conséquences économiques importantes pour la filière, les éleveurs ont multiplié les pressions ces dernières semaines et obtenu de leur gouvernement qu’il débloque des fonds pour leur venir en aide.
« Situations économiques difficiles »
Dans une note transmise au Conseil agricole, la délégation française a souligné que « seuls les éleveurs dont les troupeaux sont infectés sont (...) pris en charge par des mécanismes réels de soutien. Les autres éleveurs, victimes par contrecoup de cette crise sanitaire, peuvent ainsi être dans des situations économiques difficiles ». De plus, « les autorités françaises ont pris des mesures pour apporter en urgence une première réponse à ces difficultés. Le plafonnement des aides de minimis par exploitation limite désormais les moyens d’intervention alors que les difficultés persistent », ajoute le document.
Le plafond de minimis est fixé pour le moment à 3 000 euros par exploitation sur trois ans, s’est contenté de confirmer la commissaire à l’agriculture Mariann Fischer Boel, ajoutant qu’il ne sera pas facile de traiter avec elle. Elle a écarté clairement la suggestion de Paris de mettre en œuvre d’autres instruments de l’organisation commune de marché dans le cadre de cette crise.
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Relèvement du plafond de minimis
Malgré la réponse tranchée de la commissaire à l’agriculture lors du Conseil, la France espère que la révision, attendue dans les prochaines semaines, donnera de nouvelles marges de manœuvres.
Quoi qu’il en soit, en plus des fonds versés par le gouvernement français, 1,5 million d’euros, certaines régions ont décidé d’intervenir. C’est le cas de la Picardie dont le président du Conseil a annoncé le déblocage d’une aide d’urgence aux éleveurs touchés par les conséquences de la fièvre catarrhale de 2,5 millions d’euros.