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Crise Les aliments « santé » chassés par le naturel et le plaisir

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Si, pendant ces deux dernières décennies, les consommateurs ont estimé important pour leur santé de bien manger, la crise économique tend à faire changer leur comportement, selon le Credoc. Deux tendances apparaissent : la gourmandise haut de gamme et le produit naturel.

Depuis 2007, la crise économique fait apparaître de nouveaux comportements. L’alimentation devient, en ces temps plus difficiles, un des moyens de se faire plaisir. Certains segments gourmands haut de gamme se développent. « Quand on est inquiet, on a un peu envie d’oublier les critères de santé », a commenté Pascale Hébel, directrice du département consommation du Centre de recherches pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), lors d’une rencontre d’information organisée le 23 octobre par l’interprofession des fruits et légumes frais (Interfel), à Paris, sur la perception des risques sanitaires en France. L’autre phénomène est l’aspiration à plus de naturel : le choix environnemental a gagné en poids, à condition qu’il ne coûte pas plus cher. Selon le Credoc, les consommateurs privilégient ainsi l’achat de produits régionaux ou de vente directe. La crise a en effet porté la confiance du consommateur vers plus de proximité, « des personnes assez proches physiquement de lui », à savoir l’agriculteur, le médecin, etc., au détriment de la grande distribution et des industries agroalimentaires. Un atout sur lequel l’agriculture pourrait miser. Selon les prévisions du Crédoc, il y a urgence : les consommateurs vont mettre moins d’argent dans l’alimentation, devenue variable d’ajustement, pendant encore trois ans.
 
Une attention redoublée pour les dates limites de consommation
Un autre changement de comportement lié à la crise économique concerne les dates de limites de consommation. En 2011, on a vu une offre fleurir sur des produits moins chers arrivant à leur date limite de péremption. Les consommateurs sont très attentifs à ces lots, selon le Credoc qui a observé une augmentation de ce type d’achat. Un contraste face aux dernières décennies qui ont vu l’augmentation régulière de la sensibilité des consommateurs à l’importance pour leur santé du bien-manger. Les crises sanitaires de 1996 et 2000 liées à l’ESB et l’augmentation spectaculaire de l’obésité et des maladies dégénératives (cancers, maladies cardio-vasculaires etc.) ont été à l’origine de cette prise de conscience collective de l’importance de l’alimentation sur la santé. Un phénomène stimulé notamment par la diffusion massive de messages nutritionnels dans les médias qui a par ailleurs paradoxalement contribué à pousser les Français à penser qu’ils avaient une mauvaise alimentation. Le phénomène de l’aliment « santé » a depuis ralenti, mais demeure encore important au regard de la mortalité liée à l’alimentation, a indiqué Pascale Hébel. Aujourd’hui, il existe 100 cas de mortalité par an, dus le plus souvent à des salmonelloses. Et pourtant, pour un tiers des Français, le plus grand risque est sanitaire.

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