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Agriculture paysanne Les Amap, un mouvement dynamique qui se structure

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Les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), qui réunissent au niveau local agriculteurs et consommateurs, pour une vente directe de produits, ont tenu leur « 1er rencontre nationale » les 5 et 6 décembre à Anneyron (Drôme). Elles ont décidé de mieux se fédérer en créant une structure, Miramap, pour fédérer leur réseau.

Les Amap, au nombre de 1500 à fin 2009 en France (1200 en début d’année), fournissent 70 000 familles qui dépensent entre 500 et 800 euros d’achat de produits de maraîchage par an, pour un chiffre d’affaires global qui dépasse 45 millions d’euros en 2009. Si les légumes sont les achats de base, les Amap proposent encore fruits, pain, œufs, fromage…
Le mouvement est très dynamique, une quarantaine de groupes sont en cours de création (environ 40 groupes). Chaque groupe compte 4 ou 5 producteurs et parfois 10. L’Ile de France est une des régions les plus demandeuses : de 100 Amap début 2009, elle est passée à 150 fin 2009. Le développement serait plus rapide (forte demande des consommateurs franciliens) si le financement et l’accès au foncier n’étaient pas des freins puissants.
« Beaucoup de projets d’installation sont refusés car jugés non viables par les banques, alors que la situation économique des producteurs en Amap est bonne », explique Jérôme Dehondt, porte-parole des Amap.
« Avec deux ou trois hectares de terres, un maraîcher peut se rémunérer 2000 euros nets par mois. On part du salaire de l’agriculteur pour élaborer le prix du panier. Cela demande une grande transparence, celui-ci ouvre ses comptes aux consommateurs », poursuit Jérôme Dehondt.
Les consommateurs sont en général très impliqués et participent de plus en plus aux plans de culture (choix des produits cultivés).

Vers un système de garantie de la charte
Pour avoir accès au foncier, le réseau des associations a décidé de travailler avec l’association Terre de liens qui achètent des terres destinées à la production biologique. Terre de liens et la Nef, banque solidaire qui finance les projets, sont partenaires.
Les Amap se structurent de plus en plus. Nées en 2001, elles ont adopté en 2002 une charte commune en 18 points qui définit les engagements des producteurs et consommateurs. Lors des journées des 5 et 6 décembre, elles ont décidé la création d’une association, le Mouvement inter-régional des Amap (Miramap), pour fédérer et chapeauter les 1500 associations. Miramap a pour mission d’apporter plus de cohérence, de mutualiser les pratiques, d’être un porte-parole, de réaliser des actions concrètes (2e rencontres en 2010) et de vérifier le respect de la charte. Dans ce but, est en réflexion un « système de garantie participatif » qui associerait producteurs et consommateurs pour vérifier les 18 points. Les Amap attendent également des mesures concrètes en faveur des circuits courts, annoncées par Michel Barnier lorsqu’il était ministre de l’Agriculture.

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