Réunis le 9 mars, à l’occasion de leur congrès annuel, les retraités de la Section nationale des anciens exploitants de la FNSEA attendaient avec impatience la venue du président de la Caisse centrale de MSA (CCMSA), Pascal Cormery, afin d’aborder avec lui les problématiques liées à leur statut. Sur la dématérialisation, le niveau des retraites ou les cotisations, Pascal Cormery s’est exprimé pendant une heure, tenant à rassurer son auditoire.
L’amphithéâtre de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture était comble le 9 mars, malgré la journée de mobilisation nationale contre la loi El Khomri. Les retraités de la Section nationale des anciens exploitants (SNAE) avaient pris leurs dispositions, car aucun ne voulait rater ce rendez-vous annuel. C’est qu’ils avaient à aborder des sujets primordiaux pour eux, notamment avec le président de la CCMSA.
La dématérialisation source d’économie
Pascal Cormery s’est justifié sur la dématérialisation des informations aux retraités, qui avait suscité de nombreuses critiques lors du congrès 2015 de la SNAE. Car les retraités sont d’une génération qui « subit l’informatique sans se l’être appropriée » a concédé le président de la CCMSA. Cependant, cette mesure se justifie, explique-t-il, particulièrement dans un contexte où les pouvoirs publics demandent aux MSA de diminuer leurs coûts de fonctionnement. La CCMSA n’est pas encore en mesure de communiquer des statistiques nationales, cependant, pour la MSA Berry-Touraine, la dématérialisation a permis « une économie de 250 000 € » en 2015. La CCMSA a mis en place un site internet « plus simple et plus ludique » et « réfléchit à une formation pour accompagner » ceux qui maîtrisent mal le Web.
Faiblesse des retraites
Sur le niveau des retraites, Pascal Cormery s’est dit solidaire de la revendication de la SNAE de la revaloriser à 85 % du SMIC et de demander un calcul sur les « seules 25 meilleures années de revenus ». Car, le président de la SNAE Jean-Paul Bizien l’a rappelé, « la retraite des paysans reste encore et toujours parmi les plus basses de France ». Pascal Cormery a cependant remis les pendules à l’heure : « Pour toucher plus, il faut cotiser plus. Et pour cela, il faut du revenu ». Aujourd’hui, a-t-il précisé, « pour avoir une retraite au niveau du plafond de 1 500 €, il faudrait déclarer tous les ans un revenu de 36 000 € ». Le président de la CCMSA a également pointé du doigt « une erreur collective » dont pâtissent aujourd’hui les retraités. « Pendant trop longtemps, nous avons fait de l’optimisation fiscale dans nos centres de gestion en oubliant l’optimisation sociale » qui aurait pu relever le niveau de retraite des anciens exploitants.
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Quant à la « prime exceptionnelle » annuelle de 40 € consentie par le gouvernement aux retraites les plus modestes, raillée par Jean-Paul Bizien du fait de son niveau dérisoire, Pascal Cormery a indiqué que les versements ont quasiment tous été effectués par la MSA. 675 000 versements ont déjà été réalisés, « il en reste 5 500 à payer » a-t-il annoncé.
La SNAE veut le soutien de Xavier Beulin
Xavier Beulin, également venu rencontrer les anciens exploitants pour leur rappeler que « la SNAE n’est pas une section de deuxième plan » pour la FNSEA, a soutenu les retraités dans leur revendication de revalorisation des retraites. « Il faut être ambitieux là dessus » a-t-il affirmé. « Manuel Valls est un Premier ministre qui tient parole », a déclaré Xavier Beulin. Qu’à cela ne tienne ! « Si tu as un Premier ministre qui, aujourd’hui, en lui pinçant les fesses avance un peu, parle lui aussi des retraités » a suggéré Jean-Paul Bizien au président de la FNSEA.
« La retraite des paysans reste encore et toujours parmi les plus basses de France » selon Jean-Paul Bizien