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Gestion des volumes Les AOP fromages soumettent leurs plans de campagne

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Les producteurs de fromages sous Appellation d’origine contrôlée soumettront le 7 octobre prochain à Bruxelles les premiers plans de campagne destinés à limiter l’offre de ces produits. La profession doit cependant encore trouver des solutions pour limiter les apports de lait dans ces filières.

Les filières AOP (Appellation d’origine protégée) et IGP (Indication géographique protégée) déposeront le 7 octobre prochain leur plan de gestion des volumes de fromage auprès de l’Etat français, qui le soumettra ensuite à Bruxelles, a confié Anne Richard, directrice du Conseil national des appellations d’origine laitières (Cnaol). « C’est une grande victoire pour les AOP, ajoute-t-elle, cela fait 7 ans que l’on milite pour pouvoir maîtriser la croissance des Appellations d’origine ». Si la gestion administrée de la production laitière prendra fin en Europe à partir de 2015, les AOP profitent en effet d’une dérogation dans le paquet lait ratifié par le Parlement européen en février dernier. Les volumes des appellations qui en auront fait la demande seront gérés au niveau de l’interprofession ou de l’ODG (Organisme de défense et de gestion). Jusqu’ici, un arrêté français permettait aux fromages à pâtes pressées cuite, comme le comté ou le beaufort, de mettre en place des plans de maîtrise des volumes. Avec l’adaptation du droit européen à la fin des quotas laitiers, cette dérogation a été transposée au niveau européen et pourra être élargie à d’autres fromages sous AOP ou IGP. La filière n’a par contre pas réussi à y inclure le beurre et la crème.

Règles restrictives et apport non géré

Cependant, pour être acceptée, cette maîtrise de l’offre doit respecter des critères précis. La régulation doit en premier lieu avoir un impact se limitant uniquement au produit concerné par l’AOP. La filière doit en outre s’engager à rester ouverte à l’arrivée de nouveaux éleveurs laitiers. Enfin, les prix du lait ne peuvent pas être fixés collectivement. Une fois accepté, ce plan de campagne est validé pour 3 ans renouvelables. Mais pour être soumis auprès de l’Etat, il doit avoir fait l’objet d’un accord conclu entre au moins les deux tiers des producteurs de lait ou de leurs représentants et par au moins les deux tiers des producteurs du fromage AOP. Malgré l’ensemble de ces règles, l’amendement du paquet lait ne concerne que la production de fromage. « Nous avons la possibilité de maîtriser la production, mais pas les apports de lait », regrette en effet Anne Richard du Cnaol. La prochaine étape pour la filière sera donc de mener des discussions afin de trouver un moyen de gérer le lait de façon harmonieuse. « On pourrait trouver un système juridique avec une instance où tous les opérateurs discutent collectivement », propose d’ores et déjà Anne Richard. La gestion des AOP après la fin des quotas a d’ailleurs fait l’objet d’interventions d’acteurs de la filière et d’un membre de la Commission européenne lors de l’assemblée générale du Cnaol le 21 septembre dernier.

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