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Pas moins de six AOP laitières couvrent le territoire normand, qui sont reconnues et protégées pour leur typicité et leur qualité, reconnaissant non seulement l’origine garantie de production sur un territoire délimité mais également un savoir-faire respectant un cahier des charges très strict. Il s’agit de quatre fromages, camembert, pont-l’évêque, livarot et neufchatel, mais aussi le beurre et la crème d’Isigny. Ce label garantit que ces produits sont non seulement fabriqués en Normandie mais également à partir de lait produit dans la région. Pour cette raison, pour la première fois de leur histoire, producteurs de lait et producteurs de ces AOP avaient décidé d’animer un stand commun dans le cadre du Salon international de l’agriculture. L’objectif était de mettre en avant la complémentarité qui existe entre les éleveurs et les industriels et mieux faire connaître et valoriser la qualité de leurs produits.
Intensifier la communication
L’Association des AOP laitières de Normandie entendait faire prendre conscience aux visiteurs des contraintes très strictes que doivent respecter tant les éleveurs que les transformateurs pour obtenir ce sésame : utilisation de lait cru uniquement, moulage à la louche, avec cinq passages, mise à l’écart de tout lait qui ne respecterait pas les critères organoleptiques. Ces contraintes sont encore appelées à se renforcer dans les années à venir, avec l’accord de tous les participants de la filière qui ont participé à l’élaboration des futurs cahiers des charges. L’association entend maintenant sensibiliser les consommateurs aux qualités de ces produits en s’appuyant sur les qualités sanitaires de ceux-ci. « Les acheteurs sont également sensibles à un discours qui met en avant l’argument d’une consommation citoyenne préservant l’emploi et préservant les paysages naturels », explique Anne Wagner, directrice de l’AOP. Pour elle, cette filière courte est une filière d’avenir. Il est vrai que la production est encore marginale. Ainsi la production de camembert AOP est de 4 500 tonnes sur les 100 000 tonnes fabriquées en France, dont 80 000 tonnes peuvent se dire « fabriqués en Normandie », ce qui ne garantit pas que ce soit des produits issus de lait de vaches de race normande et élevées sur les prairies normandes. Le potentiel de croissance est donc là, et son prix un peu plus élevé ne devrait pas être un frein majeur, car les consommateurs sont prêts à payer davantage pour des produits de qualité. L’association va également engager une campagne de publicité, mais avec un budget modeste de 200 000 euros, financé pour partie par le conseil régional. Des animations seront également organisées dans les grandes et moyennes surfaces qui comptent pour 80% des ventes.
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