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1er congrès européen d’apiculture Les apiculteurs saluent des signes d’espoir mais restent vigilants

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Le frelon asiatique bientôt classé nuisible, un plan annoncé pour la filière, le Cruiser OSR interdit sur le colza, les pesticides sous surveillance : la filière apicole a reçu ces derniers mois des signes encourageants. Elle reste vigilante sur ses dossiers prioritaires.

Les apiculteurs respirent – un peu. « On sent un virage politique, par rapport aux sujets de l’abeille et de l’apiculture », a confié Olivier Belval, lors du premier congrès européen de l’apiculture, organisé du 11 au 14 octobre à Agen. Malgré une récolte de miel qui s’annonce « catastrophique », plusieurs signes ont récemment donné espoir aux apiculteurs. Le dernier en date : l’annonce, par les ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie, la veille de l’ouverture de ce congrès, du classement prochain du frelon asiatique comme espèce nuisible et envahissante. Cela ouvre la voie à des plans de lutte coordonnés. Ensuite, Stéphane Le Foll a annoncé un futur plan pour l’apiculture, attendu pour début 2013. « Je souhaite donner une vraie ambition économique et écologique à l’ensemble des producteurs apicoles », a d’ailleurs réaffirmé le ministre de l’Agriculture, dans un discours vidéo diffusé pendant le congrès. Olivier Belval, président de l’Unaf, l’Union nationale de l’apiculture française qui organisait ce congrès, a aussi salué l’effort de réduction des pesticides annoncé par Stéphane Le Foll dans le cadre de la poursuite du plan Ecophyto, et la future taxation sur les produits phytosanitaires. Une manne financière qu’il espère voir redirigée vers le futur plan pour l’apiculture. Enfin, ce début de quinquennat a été marqué, en juillet, par le retrait de l’autorisation de mise sur le marché du Cruiser OSR, insecticide employé en enrobage de semences. Une véritable victoire, pour l’Unaf.

Le Cruiser 350 sous le feu des projecteurs

Mais les apiculteurs ne s’endormiront pas sur leurs lauriers. Leur urgence, en France : obtenir le retrait du Cruiser 350 sur maïs. Olivier Belval s’est réjoui de ce que Germinal Peiro, invité à une table ronde, ait confié y être favorable. Prudent, le ministère de l’Agriculture dit attendre des éléments scientifiques robustes et des retours de l’Efsa, l’agence européenne de sécurité sanitaire. « Nous sommes extrêmement sensibles à ce sujet », a toutefois affirmé Patrick Dehaumont, directeur général de l’alimentation. « L’exemple de l’enquête sur le Cruiser montre bien qu’il faut être en capacité d’être innovant sur les méthodes scientifiques d’évaluation [préalables aux demandes d’autorisation de mise sur le marché], requestionner de manière constante la pertinence des schémas d’évaluation et lignes directrices pour prendre en compte des risques qu’on n’aurait pas imaginés. Et nous comptons beaucoup sur les remontées terrain et sur les travaux scientifiques en la matière », a-t-il insisté. L’Unaf ne lâchera pas le dossier. Par ailleurs, trois autres sujets seront importants pour les syndicats apicoles, à l’échelle européenne cette fois-ci : le statut des miels contenant des résidus OGM, pour les pesticides, les modalités d’application du nouveau règlement européen qui remplace la directive 91/414/CE. Enfin, les apiculteurs espèrent aussi faire passer des mesures en faveur de leur activité dans la future Pac.

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