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Étiquetage Les associations de consommateurs réclament la publication des profils nutritionnels

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Le BEUC, le lobby des associations de consommateurs de l’UE, et ses organisations membres de 11 pays dénoncent le fait que la Commission européenne n’a pas réussi depuis bientôt dix ans à faire le ménage dans la jungle des allégations nutritionnelles trompeuses qui se sont multipliées sur les étiquettes de certains produits alimentaires sur le marché communautaire. Ces associations demandent à l’exécutif européen de prendre sans attendre ses responsabilités et de publier notamment les profils nutritionnels, qui permettent aux consommateurs de distinguer les aliments sains des aliments mauvais pour la santé.

Dans le cadre du règlement 1924/2006 relatif aux allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires, la Commission européenne se devait d’établir avant la fin de l’année 2009, des profils nutritionnels conditionnant l’accès à ces allégations mais jusqu’à aujourd’hui ces profils n’ont pas encore vu le jour. Et depuis, le développement ces allégations nutritionnelles s’est accéléré dans les étiquetages et la publicité des denrées alimentaires au sein de l’UE, et semble constituer un critère déterminant dans l’achat des produits alimentaires.

Mais cette prolifération d’allégations a conduit à certains abus et des dérives inacceptables aux yeux des associations de consommateurs. Ainsi on peut lire sur certaines étiquettes « Bon pour votre ligne… Bon pour votre tonus… » sur des produits qui sont pourtant à forte teneur en graisse ou en sucre. Selon les responsables du BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs), ces messages publicitaires « donnent un halo sain aux produits malsains et trompent les consommateurs sur le contenu nutritionnel réel des aliments qu’ils achètent ».

Pour mettre un terme à ces pratiques qu’il juge « inacceptables », le lobby des unions de consommateurs de l’UE presse la Commission européenne de publier sa proposition sur les "profils nutritionnels"comme l’y contraint le règlement 1924/2006. Celui-ci prévoit en effet que les denrées alimentaires faisant l’objet d’allégations nutritionnelles et de santé doivent satisfaire à certaines exigences nutritionnelles globales, appelées « profils nutritionnels ». Ces profils auraient dû apparaître en 2009. Leur but est de définir si un produit alimentaire fini peut faire l’objet d’une allégation en fonction de son statut nutritionnel. En cas de profil défavorable, il ne pourrait pas communiquer sur la présence de nutriments ou de bénéfices santé.

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On aurait pu penser que ce dossier des profils nutritionnels aurait pu évoluer suite à une lettre ouverte commune, le 15 mai 2017, co-signée par le BEUC, des ONG agissant pour la santé et surtout par plusieurs multinationales comme Danone, Nestlé, Unilever ou encore Coca-Cola. Ceux-ci avaient estimé que dans un contexte où l’obésité continue de grimper, la présence d’allégations nutritionnelles ou de santé sur des produits trop riches trompe les consommateurs. Selon eux, ces allégations trompeuses « ne font que saper les efforts des industriels qui développent des produits meilleurs pour la santé ». Mais rien n’y a fait et le dossier dort toujours dans les tiroirs de la Commission européenne…

(1) Allemagne, Autriche, Belgique, Italie, Portugal, Danemark, Norvège, Suisse, Chypre, Espagne, Slovénie.