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Jeunes agriculteurs : une « grande hypocrisie »

Le comité de préfiguration de la Haute Autorité sur le maïs transgénique MON 810 vient de rendre un avis sur les risques potentiels de la culture de cet OGM en France. « Et déjà cette instance, à peine créée, semble remise en cause en son sein… », soulignent les jeunes agriculteurs dans un communiqué. « Pourquoi d’un côté demander 0 % de surface cultivée en maïs OGM en France et de l’autre continuer à en laisser librement entrer sur notre territoire tous les jours ? », s’interroge le syndicat. « La réalité est que nous en consommons depuis des années… », expliquent les JA. « Dans ce contexte, si l’État français demande à Bruxelles l’activation de la clause de sauvegarde, c’est le comble de l’incohérence et de l’hypocrisie… ». S’il existe un risque pour la santé, les Jeunes agriculteurs demandent « à l’État et à l’Europe de rétablir le contrôle aux frontières sur les produits comportant des OGM et d’imposer un étiquetage des produits garantis sans OGM ».

Xavier Beulin (Fop) : « Pas d’éléments nouveaux »

Selon Xavier Beulin, président de la Fop (Fédération des producteurs d’oléoprotéagineux) « il n’y a pas vraiment d’éléments nouveaux » résultant du travail du comité de préfiguration de la haute autorité sur les OGM concernant le MON 810. « C’est l’application du principe de précaution poussé à l’extrême », estime Xavier Beulin. Selon lui, le rapport remis au gouvernement le 9 janvier recense essentiellement les doutes que les scientifiques pouvaient émettre, dans le passé comme aujourd’hui. « Tant les tergiversations de l’État que la pression de la rue n’ont sans doute pas été propices à la sérénité du travail du comité », regrette Xavier Beulin. De plus, la limitation du travail aux seuls critères environnementaux et de santé, excluant les données socio-économiques, n’a sans doute pas permis, à ses yeux, de déboucher sur une synthèse complète. Du coup, le président de la Fop souhaiterait que la décision du président de la République consiste à donner plus de temps pour que le comité travaille sur le sujet. Au total, de toute façon, il se dit déçu par la tournure des événements. « Les agriculteurs ont fait preuve de loyauté », affirme-t-il, estimant « qu’ils avaient été, depuis, trahis. La confiance est entachée ». S’il devait y avoir une clause de sauvegarde, la FNSEA monterait au créneau pour faire en sorte que « les importations de produits à base d’OGM soient également bannies. »

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La Coordination rurale : « Très satisfaite »

La Coordination rurale est très satisfaite de l’avis qui a été donné par la Haute autorité provisoire sur les OGM. Elle note dans un communiqué du 10 janvier que cet avis recoupe totalement les nombreuses remarques ou questions que pose la CR depuis des années sur les OGM. « Alors que les effets positifs avérés des OGM sont loin d’être établis de manière scientifique, il est maintenant établi que la culture en plein champ des OGM fait courir un grand nombre de risques à l’environnement », souligne la CR. « Un moratoire doit donc être décidé sur les cultures d’OGM en plein champ et la recherche se poursuivre et s’intensifier, ceci en atmosphère contrôlée » souligne le syndicat. La CR « ne doute pas que le président de la République suivra l’avis de grande prudence prodigué par le sénateur Le Grand au nom des membres de cette instance en décidant l’activation de la clause de sauvegarde pour le maïs MON 810 ».

Confédération paysanne : « Rédiger la clause »

Pour la Confédération paysanne, « le président de la République et son gouvernement ont tous les éléments en main ». « A eux de rédiger maintenant une clause de sauvegarde en bonne et due forme. C’est une première étape vers une agriculture sans OGM en France et en Europe, nécessaire pour garantir l’avenir des paysans produisant sous signes de qualité, la liberté de choix et de décision des paysans dans l’achat de leurs semences, une alimentation saine et de qualité pour tous les citoyens européens », écrit le syndicat dans son communiqué.