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Les aviculteurs montent au créneau contre les importations ukrainiennes

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Subissant l’augmentation des importations à droit nul en provenance d’Ukraine, la filière du poulet et les producteurs d’œufs veulent activer la clause de sauvegarde prévue dans l’accord commercial avec l’UE.

Face à l’explosion des importations de viande de poulet en provenance d’Ukraine, Anvol (interprofession des volailles de chair) a demandé au ministre de l’Agriculture « d’activer la clause de sauvegarde » prévue dans l’accord commercial UE/Ukraine, d’après un communiqué du 29 juin. Selon la filière française, cette clause permettrait d’« empêcher la poursuite des importations […] à droit nul et sans limite de volume ». Afin de soutenir l’économie ukrainienne dans le contexte de la guerre avec la Russie, cet accord a été renouvelé pour un an le 6 juin. À cette occasion, les modalités de déclenchement de la clause de sauvegarde « ont été assouplies », rappelle Anvol.

L’interprofession demande aussi à Marc Fesneau de « convaincre » ses homologues européens d’activer aussi la clause, afin d’éviter la réexpédition de viandes importées. « Le Commissaire européen semble aussi ouvert. » Sur la période allant du 1er janvier au 16 juin 2023 (24 semaines), les importations européennes en provenance d’Ukraine ont « augmenté de 108 %, dont 201 % sur la viande fraîche », alerte Anvol, soit « entre 15 000 et 25 000 tonnes » par mois. Même si la filière française est d’accord « pour aider l’Ukraine », elle estime « injuste » que le secteur avicole « supporte une part aussi importante de la charge collective ».

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En œufs, des industriels pointés par la CFA

Confrontés au même problème, les producteurs d’œufs demandent, eux aussi, le déclenchement de la clause de sauvegarde. Alors que la production française recule en raison de l’influenza aviaire, les volumes d’œufs coquille importés d’Ukraine progressent de 20 % en un an sur les quatre premiers mois de 2023, indique Nathalie Feugeas, directrice de la CFA (aviculteurs, FNSEA), à Agra Presse. Dans un communiqué du 3 juillet, le syndicat dénonce certains « industriels français qui commercialisent des œufs étrangers ». « L’Ukraine est devenue le premier fournisseur de l’Union européenne en œufs coquille et ovoproduits », rappelle la directrice de la CFA. La croissance des importations « fragilise la mise en place de l’ovosexage », ajoute l’association spécialisée, car il est financé par une cotisation interprofessionnelle qui ne s’applique qu’aux « œufs de consommation pondus et vendus sur le territoire français ».

Les importations de poulet ukrainien en hausse de 108 % début 2023