En plein développement, la filière forêt-bois, qualifiée « d'avenir » par le gouvernement français, intéresse de plus en plus les banques privées.
« Le bois voyage, nous devons être plus compétitifs », a déclaré Jacques Ducerf, président d'Euroforest, salon forêt-bois à dimension internationale qui se tiendra à Saint-Bonnet-de-Joux (71) du 19 au 21 juin prochain, lors d'une conférence de presse à Paris, le 7 mai. Les onze millions d'hectares de la forêt française constituent une des plus grandes ressources en bois de l'Union européenne, mais la filière se développe dans un environnement économique difficile. « Honnêtement, en ce moment, les entreprises en France ne demandent pas d'encours de crédits. La filière forêt ne fait pas exception », témoigne Florence Doucet, responsable forêt, fruits et légumes et énergies renouvelables au Crédit agricole SA. Pourtant, la banque s'intéresse de très près à cette filière aux « potentialités croissantes ». « En 2007-2008, on m'a demandé de constituer un groupe de travail sur la filière forêt avec les caisses régionales », poursuit-elle. Depuis, elle admet que ce groupe lui occupe une grande partie de son temps de travail. Au cours de l'Euroforest et en présence de la filière forêt-bois française, le Crédit agricole présentera « sa vision des principales évolutions de la filière, de l'amont forestier à la deuxième transformation », selon les termes de Florence Doucet. Pour l'heure, elle estime les engagements du Crédit agricole dans la filière de 1 à 1,5 milliard d'euros.
Quasi-monopole
« Nous détenons plus de 40% des part de marchés pour les scieries », soutient-elle. Ce maillon de la filière est, selon Jacques Ducerf, un des plus en difficultés. 150 scieries ferment leurs portes tous les ans. Sans ce maillon, c'est la filière aux 450 000 emplois qui est remise en question. « 50% du bois utilisé en France est du bois français », explique Florence Doucet. Une étude économique réalisée par la banque doit être présentée au cours d'Euroforest. Fort du soutien des établissements financiers privés, Jacques Ducerf ajoute : « C'est par l'aval qu'on entraînera la filière ». La filière forêt-bois espère créer 25 000 emplois supplémentaires en huit ans sur l'ensemble du territoire depuis l'exploitation forestière jusqu'aux papeteries avec un passage obligé par les scieries. Car la demande est croissante: à titre d'exemple, le nombre de maisons individuelles mises en chantier (tous systèmes constructifs) a baissé de 14% entre 2011 et 2012. La filière bois s'en sort « relativement mieux » avec un repli de 9 %.
L'UCFF (Union de la coopération forestière française) regroupe les propriétaires forestiers privés, extrêmement dispersés sur le territoire. « Nous opérons une massification de l'offre pour proposer des prix plus compétitifs en aval », explique Julien Blutteau, secrétaire général de l'UCFF, lors d'une conférence de presse à Paris, le 7 mai. Et pour cause, 112 000 propriétaires privés se partagent 2 millions d'hectares de forêt (la forêt française s'étale sur 11 millions d'hectares).
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Les coopératives gèrent ces hectares grâce à vingt structures qui emploient 1000 salariés sur l'ensemble du territoire.
En 2013, les coopératives forestières ont réalisé un chiffre d'affaires de 350 millions €.
« Nous attendons 35 000 visiteurs, ce serait le même record atteint en 2006 », a déclaré Jacques Ducerf, président d'Euroforest, salon forêt-bois, lors d'une conférence de presse à Paris, le 7 mai. La 6e édition de ce salon en plein air se tiendra à Saint-Bonnet-de-Joux (71) dans une forêt privée. Il s'annonce sous « les meilleurs auspices » : 300 exposants et 400 marques de matériel seront représentées. Si l'événement est ouvert au grand public, c'est avant tout un salon professionnel : « Les exposants veulent y faire des affaires », explique Jacques Ducerf. Les propriétaires forestiers, les scieries, les pépinéristes, la construction bois, le bois énergie… toute la filière devrait en être.