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Sucre Les betteraviers européens face aux « incertitudes »

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Tout en se félicitant des résultats de la récolte 2014/2015, les betteraviers européens restent préoccupés par la situation du marché du sucre et par les « incertitudes » entourant l'abolition des quotas à partir du 1er octobre 2017.

Réunis en assemblée générale le 17 avril à Bruxelles, la Confédération internationale des betteraviers européens (Cibe) a souligné les bons résultats de la récolte 2014/2015, 13 des 19 États membres producteurs de l'UE ayant enregistré des rendements records. Ceux-ci se situeraient, en moyenne, à quelque 12,8 tonnes par hectare, au-dessus du record de 12,2 t/ha en 2011/2012, grâce aux bonnes conditions climatiques mais aussi aux progrès des méthodes de production.

En revanche, la situation actuelle du marché du sucre et la perspective de l'abolition des quotas à compter du 1er octobre 2017 continuent d'inquiéter la Cibe.

Baisse des prix et abolition prochaine des quotas

Face à la baisse du prix moyen du sucre dans l'UE (-43 % par rapport à janvier 2013), de fortes quantités de betteraves et de sucre seront reportées sur la campagne 2015/2016, et les superficies plantées en 2015 seront réduites d'environ 12 %, estime la Cibe. Elle appelle par ailleurs la Commission européenne et le groupe d'experts des États membres créé récemment pour examiner l'évolution du secteur à « lever rapidement les incertitudes » qui entourent la suppression prochaine du régime des quotas (1).

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La Cibe leur demande notamment de « s'opposer à toute mesure temporaire » (importations supplémentaires de sucre brut et mise sur le marché de quantités hors quota) en 2014/2015 et 2015/2016, d'arrêter rapidement les modalités pour l'aide au stockage privé du sucre, de « rester fermes » dans les négociations des accords bilatéraux et multilatéral, en refusant tout accès additionnel des pays tiers au marché communautaire, et de s'assurer que les concurrents de l'UE respectent leurs engagements à l'Organisation mondiale du commerce. « La Commission déréglemente sa politique pour le sucre et impose le respect strict des limites d'exportation de l'OMC », tandis que, « dans le même temps, la Thaïlande, l'Inde et le Brésil réglementent et soutiennent activement leur secteur du sucre », déplorent à ce propos les betteraviers européens. La Cibe réclame aussi des dispositions pour assurer la transparence du marché après l'abolition des quotas, à savoir un « système détaillé de notification des prix » et un bilan du sucre, de l'isoglosse et de l'éthanol, les données devant être collectées auprès des entreprises. Enfin, les betteraviers européens appellent les institutions de l'UE à « mettre en œuvre rapidement une politique stable et cohérente pour les énergies renouvelables, avec au moins une part de 7 % de biocarburants dans les transports ».

(1) Voir n° 3491 du 06/04/15

Les pays ACP également préoccupés

Les pays fournisseurs de sucre du groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) se déclarent vivement préoccupés par la forte baisse des prix du sucre, conséquence directe, selon eux, de l'abolition imminente, en 2017, du régime européen des quotas à laquelle ils s'étaient vigoureusement opposés. Ils avaient demandé la prolongation jusqu'à 2020 de ce régime afin de permettre l'achèvement des plans d'action définis avec l'UE pour mener à bien la modernisation, la diversification et le renforcement de leur industrie du sucre. Les pays ACP jugent que la situation ainsi créée, préjudiciable aux intérêts de petites économies vulnérables, est contraire à la fois aux dispositions de l'Accord de Cotonou qui les lie à l'UE et aux accords de partenariat économique (APE) qu'ils ont, pour la plupart, signés.