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Les betteraviers français dans la tourmente

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Les prix du sucre ont dégringolé ces derniers temps. Des sucriers affichent leur volonté de réduire les surfaces de betteraves plantées, ou abaissent leurs prix provisoires de campagne.

Décidément, aucune grande culture ne semble échapper à la morosité. À l’image des céréales et des pommes de terre, les cours du sucre sont au ras des pâquerettes, pénalisant le revenu des betteraviers. Les sucriers réagissent à la déprime du marché. Certains, comme Saint Louis Sucre, filiale de l’allemand Südzucker, réclament aux agriculteurs de réduire leurs surfaces semées pour 2026. D’autres, tels que Tereos, abaissent leurs prix provisoires de campagne.

Nos confrères du Betteravier français ont révélé que Saint Louis Sucre réclame une baisse de 25 % des surfaces à ses fournisseurs pour la campagne 2026. L’Hexagone n’est pas le seul pays concerné. Il s’agit en réalité d’une politique émanant de la maison mère, Südzucker, qui souhaite s’adapter à l’excès d’offre sur le marché européen. Les betteraviers d’Allemagne et de Belgique, pays où est également implanté le sucrier, sont également concernés par la réclamation de baisse d’assolement.

En France, peut-être plus que dans les autres pays, la pilule a du mal à passer. Dans un édito publié chez nos confrères du Betteravier français, Franck Sander, président de la CGB (betteraviers français, FNSEA), dénonce une certaine injustice : « Depuis la fin des quotas, la France a maintenu ses surfaces betteravières (avec une forte contribution des planteurs Saint Louis), quand nos voisins les ont augmentées (Pologne + 35 %, Pays Bas + 16 % et Allemagne + 13 %) ». Un petit lot de consolation : le Betteravier Français révèle que le sucrier a revu le prix minimum pour la campagne 2026 à la hausse, passant de 23,54 €/t à 16° (de sucre contenu dans la betterave, NDLR) à 27 €/t à 16° en betteraves entières. Ensuite, la part export du prix mondial pour le paiement des betteraves 2026 est exclue de la grille de paiement, selon la même source, soit un mode de calcul plus avantageux pour les producteurs.

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Tereos et Cristal Union semblent maintenir les surfaces

Si d’autres ne réclament pas de baisses de surfaces, ils se voient contraints d’abaisser leurs prix de campagne. Le Betteravier Français rapporte que le sucrier Tereos a envoyé un courrier à ses adhérents le 21 novembre pour leur annoncer un prix provisoire pour la campagne 2025-2026 de 32,53 €/t à 16°, soit environ 5 €/t de moins que celui de la campagne précédente. La baisse des cours du sucre pénalise sa rentabilité, à tel point qu’il annonçait quelques jours auparavant un recul de ses ventes de près de 20 % et une perte de 572 M€. De son côté, Cristal Union semble tenir une posture similaire à celle de Tereos, selon le Betteravier Français, soit une stabilisation des surfaces, reprenant les arguments de la CGB. « Cristal Union considère que ce n’est pas à nous de diminuer les surfaces, nous avons des atouts agronomiques et des outils optimisés », déclare au média William Huet, directeur agricole de Cristal Union.

Baisse du prix minimum de la campagne 2026 de 5 €/t chez Tereos

KC