On savait le sucre associé aux risques de maladies cardiovasculaires et de diabète, il semble aujourd’hui qu’il soit aussi lié au cancer. C’est ce que conclut une étude récemment publiée dans le British Medical Journal après avoir suivi plus de 100 000 personnes pendant huit ans. Selon les chercheurs, la consommation de boissons sucrées, y compris de jus de fruits sans sucre ajouté, est « fortement associée au risque global de cancer et de cancer du sein ». Surprenamment, ce lien n’était pas établi pour la consommation de boisson contenant des édulcorants artificiels.
Cette étude n’est que la dernière d’une longue série sur les conséquences de la consommation de sucre. Au niveau mondial, celle-ci a cru de 3,5 % entre 2014/2015 et 2018/2019 et devrait même augmenter de 1,2 % sur la période 2019/2020, selon les derniers chiffres du ministère américain de l’agriculture.
Au nom de la santé publique, plusieurs pays veulent adopter une « sugar tax » sur les boissons sucrées, comme par exemple au Royaume-Uni, l'Irlande ou encore le Mexique. Une nouvelle étude de l’université d’Otago en Nouvelle-Zélande souligne qu’une taxe de 10 % était associée à une réduction de consommation du même ordre. Les chercheurs sont formels : « La taxe sur les boissons sucrées est un outil efficace pour réduire leur consommation. »
Même si Cultures Sucre (ex-Cedus), l’organisation professionnelle française des fabricants de sucre, se désole d’un « sugar bashing » et prône la responsabilisation des consommateurs, force est d’admettre que de plus en plus de pays sautent le pas. La Malaisie est le dernier en date à avoir décrété une taxe sur les boissons sucrées depuis le 1er juillet 2019.
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Ces mesures poussent les industriels à revoir la formulation de leurs produits. Dans une interview du 16 juillet pour le site FoodNavigator Asia, Coca Cola, Nestlé et Fonterra ont déjà affirmé poursuivre leurs efforts afin de reformuler leurs recettes pour le marché malais.
Trop de sucre dès l’enfance
Dans le même temps, le bureau régional de l’OMS pour l’Europe a rendu publics les résultats de deux études sur les aliments pour bébé. Après avoir analysé la composition de près de 8 000 produits destinés aux nourrissons ou aux jeunes enfants, prélevés à Vienne en Autriche, Sofia en Bulgarie, Budapest en Hongrie et Haïfa en Israël, les chercheurs ont conclu que la moitié ou plus de ces produits contient trop de sucre. Les conséquences sont connues : « Ces sucres ajoutés peuvent exercer une influence sur les préférences gustatives des enfants en augmentant le goût pour les aliments plus sucrés. »
Un fait d’autant plus préoccupant pour l’OMS que beaucoup de ses produits sont commercialisés comme convenant aux nourrissons de moins de 6 mois, à l’encontre des recommandations du Code international de commercialisation des substituts du lait maternel de l’OMS.