Les bordeaux et bordeaux supérieur, qui représentent 58 % de l’ensemble des vins de Bordeaux, connaissent un mieux très sensible à l’exportation, qui constitue près d’un tiers des débouchés, mais ils continuent de souffrir sur le marché français. Pour le président du syndicat des deux appellations, 2008 sera l’année de tous les changements avec l’entrée en vigueur de la réforme des AOC au 1 juillet.
Les marchés à l’exportation des vins de Bordeaux sont à nouveau en progression, a indiqué Bernard Farges, président du Syndicat des bordeaux et bordeaux supérieur en présentant à Paris le bilan de la campagne 2006-2007. L’ensemble des vins de Bordeaux ont exporté 1,87 million d’hectolitres durant cette campagne, soit une progression de 3 %. Les chiffres à fin octobre confirment cette tendance avec un taux de progression de 7 %. Mais dans cet ensemble, les AOC bordeaux et bordeaux supérieur ont fait mieux, avec 1,13 M hl soit une hausse de 6 % par rapport à la dernière campagne et représentent 60 % des exportations totales de vins de Bordeaux. Le syndicat note la performance des marchés émergents de la zone asiatique et de la Russie qui, en progression de 50 %, représentent désormais 10 % des exportations de vins de Bordeaux. Les exportations ont représenté 32 % des ventes, dont 63 % pour l’Union européenne (Allemagne en tête) et 37 % pour les pays tiers où se situe la progression la plus forte (+14 % pour les bordeaux et bordeaux supérieur en volume et +17 % en valeur).
M. Farges a par contre annoncé une baisse sur le marché français (-4 %) dont l’importance est bien sûr décisive puisqu’il représente 68 % du total, dont 48 % pour les grandes enseignes, 17 % pour le hard discount et 35 % pour les autres circuits.
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Un nouveau cadre réglementaire
« Il reste désormais à reconquérir le marché français pour retrouver raisonnablement l’optimisme. Les décrets qui régissent nos appellations, que nous souhaitions en vain depuis dix ans, seront remplacés par un cahier des charges le 1 erjuillet prochain. Il est le fruit de longs mois de travail et répond aux exigences de qualité et de compétition. Nous devons absolument réussir cet enjeu. Nous sommes prêts » , a conclu le président du syndicat.
Au moment de soumettre ce cahier des charges à l’INAO, le syndicat, qui doit être reconnu comme Organisme de défense et de gestion (ODG), redemande à cette occasion de rebaptiser les bordeaux supérieur en « bordeaux 1 er cru », ce qui risque de faire débat avec les tenants des grands crus. De plus un organisme de contrôle indépendant, QualiBordeaux, dont la rémunération sera mutualisée, va être mis en place pour veiller au respect du cahier des charges tant à la production qu’au stade du négoce. Le syndicat a enfin décidé de créer pour les millésimes les plus généreux un « volume complémentaire individuel » de production, conçu comme un outil de régulation pour pallier à d’éventuelles récoltes déficitaires.