Le groupe Holder prévoit, malgré les difficultés de son enseigne Paul dans le Nord de la France, une progression de 10 millions d’euros de son chiffre d’affaires en 2005. Il s’établirait à 230 millions d’euros environ, contre 222,8 millions d’euros, l’année précédente. Les manquements à l’hygiène, constatés par la DGCCRF dans 7 points de vente lillois, ont coûté à l’enseigne entre 15 et 20% de son chiffre d’affaires réalisé dans la région depuis janvier dernier. Elle compte remonter la pente « par petites touches », confie Maxime Holder, le directeur général de Paul.
La sanction est dure. Mais elle est acceptée par Maxime Holder, le directeur général des boulangeries Paul. Le rappel à l’ordre de la DGCCRF, en janvier dernier a été « très destructeur, surtout dans le Nord où nous avons enregistré une baisse de 20% de notre chiffre d’affaires et de 15% aujourd’hui, alors que nous étions sur un rythme de 6% de croissance», déplore le second fils de Francis Holder, fondateur du groupe éponyme. Qui prévoit de remonter la pente « en trois ans plutôt qu’en trois mois ».
« Vocation salutaire en interne »
L’affaire a débuté, le 17 janvier, avec la mise en cause par les services de la Direction générale de la répression des fraudes de sept boulangeries lilloises pour des raisons d’hygiène Cf Agra alimentation n°1868 du 20 janvier 2005, page 21. Quelque 57 infractions aux règles d’hygiène ont été relevées entre mai 2003 et septembre 2004. Un porte-parole de la DGCCRF fait alors état de la présence de cafards et plus généralement « de négligence concernant l’entretien des locaux ».
La « transparence réelle » mise en place par le groupe pour juguler la crise n’a donc pas permis de rassurer les consommateurs, localement. Mais, selon les informations fournies par M. Holder, elle a circonscrit la crise à la région d’origine du groupe. Elle aurait même eu « une vocation salutaire, en interne», indique Maxime Holder. Depuis, l’enseigne a pris des dispositions financières, mis en place des procédures et une certification hygiène et qualité pour éviter tout nouvel épisode de ce type.
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Objectif : « devenir une référence à l’international »
Quoi qu’il en soit, cette alerte n’a pas freiné l’enthousiasme de son dirigeant et les visées expansionnistes de l’enseigne. Elle ambitionne d’atteindre le cap des 500 magasins dans l’Hexagone. Contre 350 aujourd’hui, appartenant en propre au groupe familial ou franchisés. Mais c’est surtout à l’international que se portent les efforts des enfants Holder qui souhaitent « devenir une référence à l’international à l’image de ce que Francis Holder a fait en France ».
Les boulangeries Paul devraient annoncer dans les prochaines semaines et les prochains mois des ouvertures. D’abord, en partenariat avec Elior une quinzaine de nouveaux points de vente devraient être créés dans les gares ou les aéroports cette année en France, de même cinq magasins s’ouvriront en Grande Bretagne. Des créations sont aussi planifiées en Espagne, à Madrid. Aux Etats-Unis, Paul devrait compter 5 magasins à la fin de l’année, tous concentrés à Miami. L’enseigne devrait apparaître en Chine, à Shanghai, début 2006, ainsi qu’au Proche-Orient, à Dubaï, à Ryad et au Koweït. Par ailleurs, des contacts avancés seraient en cours à Taiwan, en Italie, en Suisse, en Australie, et aux Etats-Unis, à New York.
Alors que Paul réalise encore les deux tiers de son chiffre d’affaires avec des points de vente qui appartiennent au groupe, cette part devrait n’atteindre plus que 50%, assez rapidement, indique Maxime Holder, étant donné la montée en puissance des franchisés dans le développement de la marque.