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Alcool/Taxes Les brasseurs demandent une pause fiscale

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« Pour 2013, les adhérents de Brasseurs de France (1) vont devoir acquitter plus de 3 milliards d’euros en taxes diverses », a déploré leur nouveau président Philippe Vasseur lors d’une conférence de presse. Une large part de cette hausse est due à l’augmentation des droits d’accise de 160% applicable au 1er janvier qui frappe quasiment toute la profession et va représenter 810 millions d’euros collectés pour le compte de l’État. À cela s’ajoutent 1,4 milliard au titre de la TVA qui va encore augmenter en 2014 pour passer à 20% et 1,13 milliard au titre de l’impôt sur les sociétés, des charges sociales ou de la fiscalité environnementale. Selon les Brasseurs de France, depuis le 1er janvier, le secteur contribue pour 23% aux recettes fiscales liées aux droits d'accises sur l'alcool alors qu'il ne représente que 18% de la consommation d'alcool pur. Se gardant de vouloir montrer du doigt certains autres secteurs produisant des alcools, l’ancien ministre de l’Agriculture, estime que la filière brassicole a suffisamment donné et demande « une stabilisation fiscale du secteur en souhaitant que les pouvoirs publics puissent consacrer davantage de crédit à la prévention, en utilisant pour ce faire une partie des droits d’accise prélevés ».

Une consommation en berne

Reconnaissant que la perspective d’une hausse des taxes en début d’année s’était accompagnée d’un surstockage en fin d’année qui a eu son impact sur la production du début 2013, Philippe Vasseur constate que la production des brasseries a chuté de 30 % sur le premier trimestre 2013 par rapport à la même période 2012. Les prix ont flambé de 14 % en moyenne dans la grande distribution qui représente 75% des ventes, entrainant un recul de la consommation de 3,5 à 4 %. La chute est encore plus prononcée dans les cafés-hôtels-restaurants (CHR) avec un recul de 15 %, à cause de prix qui ont augmenté de 7 centimes en moyenne, depuis décembre, sur un demi de bière à 2,70 euros. Or, les 32 000 cafés en France tirent 37% de leurs ventes de la bière. Ce secteur est en difficulté, et connaît une augmentation des défaillances. Les brasseurs vont également connaître des difficultés de trésorerie, même si la répercussion de la baisse de consommation n’est pas immédiate, reconnaît Brasseurs de France. Une situation dommageable, car le secteur, qui représente 2 milliards d’euros, est plutôt dynamique : sur 500 brasseries recensées en France, 80 ont vu le jour en 2012 et il s’en crée 10 par an dans la région Rhône Alpes. En outre, le chiffre d’affaires indirect généré par l’industrie brassicole est de 12 milliards et permet également à la France d’être le premier exportateur mondial de malt et le numéro deux pour celles d’orge de brasserie.

(1) Brasseurs de France regroupe 109 membres assurant 70 % de la consommation française

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