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Restructuration/Biscuiterie Les « Brossard » à Saint-Jean d'Angely, dans l'attente d'un miracle

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À Saint-Jean d'Angely, l'usine est fermée depuis juillet, mais les salariés continuent de camper devant l'établissement, en espérant une solution de dernière minute avant la clôture de la liquidation

Survenue le 5 juillet sur décision du tribunal de commerce de Paris, la mise en liquidation de l'ex-usine Brossard à Saint-Jean d'Angely (Charente-Maritime) mobilise toujours les salariés plus de deux mois plus tard. En campant devant les locaux de cet outil historique, placé en redressement judiciaire en avril dernier, ils comptent bien donner du temps au temps pour une reprise de dernière minute et, pour cela, empêcher le démontage de certains outils. Propriété de Comptoirs du biscuit (Monique Piffaut, Financière Turenne-Lafayette et CCA, qui contrôle William Saurin, Madrange, etc.) l'usine historique de la marque Brossard avait été rachetée en 2000. Jusqu'au printemps la biscuiterie comptait 90 salariés et était positionnée sur un segment de biscuits d'entrée de gamme destinés aux MDD de la GMS. L'usine de Terrasson, qui faisait partie des trois sites racheté à l'époque avec Marcq en Bareuil dans le nord, a fermé ses portes l'année dernière. Au moment du rachat, 35 M€ d'nvestissement étaient annoncés sur le site charentais pour maintenir puis développer l'activité. Suite à la liquidation, le maire de la ville, Paul Henry Denieul (ancien président du directoire d’Euler de 1990 à 98), a écrit au ministère du Redressement productif et beaucoup travaillé sur ce dossier, ainsi qu'en témoigne son adjoint au développement économique, Robert Dupard. « Nous venons tous deux du monde des affaires, alors nous avons fait ce que nous avons pu pour tenter de trouver une solution. Mais nous savons très peu de choses, les comptes n'ont pas été déposés ces dernières années.»
 
Négociations en cours
Début octobre, le liquidateur n'avait toujours pas mis un terme au processus, en dépit de la fermeture de l'usine en juillet. Les salariés, eux, campent toujours devant le site pour empêcher le démantèlement des installations et espèrent une issue aux négociations « secrètes » en cours, sous l'égide du tribunal de commerce de Paris. Le mois d'octobre pourrait être décisif. L'entreprise a compté, à ses plus grandes heures, plus de 700 salariés. Ces derniers mois avant la liquidation, il en restait environ 70 en CDI plus un volant d'une cinquantaine d'intérimaires. « Mais c'est toute l'histoire de ville qui est marquée par cette entreprise, chaque famille a un “Brossard” dans ses rangs», ajoute Robert Dupard. Créée dans les années 30 par Georges Brossard, l'entreprise avait été cédée en 1968 au groupe américain Pillsbury (Gringoire) avant d'être rachetée par Sara Lee en 1997, puis par Monique Piffaut lors du démantèlement de l'entreprise « Même si le dénouement est différent, cette histoire est très proche de celle de Bongrain, avec au démarrage un patron qui sait développer son entreprise avec talent, mais quand Bongrain a su gérer la question de la transition, chez Brossard malheureusement, cela n'a pas été le cas », regrette l'élu. Après Sara Lee, elle a ensuite changé plusieurs fois de propriétaires, a perdu sa marque phare (Brossard) tombée depuis dans l'escarcelle de Limagrain, également propriétaire de Jacquet.

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