Le « papy-boom » va peut-être modifier de fond en comble les équipes du Crédit agricole. Les générations de salariés et d’administrateurs nés après la guerre vont arriver à l’âge de la retraite et il va falloir les remplacer. C’est ce qu’a constaté Yves Couturier, secrétaire général de la fédération nationale du Crédit agricole (FNCA) à l’occasion du congrès qui s’est tenu à Dijon les 25 et 26 octobre. « Les caisses régionales seront dans les années à venir le premier recruteur bancaire », a-t-il insisté. Ce qui n’empêche pas la banque verte de viser une expansion européenne à grande vitesse.
Pas moins de 35 000 personnes à recruter d’ici 2014. Tel est le défi n°1 que s’est lancé le Crédit agricole, à l’occasion du congrès de la FNCA qui s’est tenu en Bourgogne, à Dijon, les 25 et 26 octobre. En effet, le groupe devra remplacer les générations du papy-boom qui vont arriver à l’âge de la retraite. Cela représente près de la moitié des 72 000 collaborateurs des caisses régionales, sans oublier les effectifs concernés au niveau de Crédit agricole SA. Au total, pas moins de 5 000 personnes par an à partir de 2008 contre 3 500 aujourd’hui.
Cet objectif qui fera des caisses régionales le premier recruteur bancaire de France « l’un des dix premiers recruteurs du secteur privé, le seul à offrir massivement des emplois de qualité dans les régions », a annoncé le secrétaire général Yves Couturier. « Ceux qui arriveront n’auront probablement plus ce lien avec le monde agricole qui constituait une sorte de fil rouge invisible propre au Crédit agricole », diagnostiquait Jean-Marie Sander, président de la Fédération.
Une université des dirigeants
Face à cet afflux de personnel nouveau, il faut faire en sorte de leur transmettre la « culture » Crédit agricole. D’intenses efforts de formation vont être déployés. Le nombre de cadres dirigeants en formation va être multiplié par quatre. Une Université des dirigeants va être créée « pour les accompagner, leur donner l’information et des formations indispensables aux missions qui les attendent ». Il s’agit des cadres salariés mais aussi des administrateurs élus (il y en a 32 000). D’autant que ceux-ci, en raison du développement de la banque, sont amenés à être de plus en plus des administrateurs « dans les entreprises et filiales du groupe, en France et hors de France. »
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Au-delà de cette formation, le tutorat sera utilisé pour accompagner les jeunes recrues. Yves Couturier a aussi indiqué qu’un effort nouveau sera déployé pour recruter 3 000 à 3 500 collaborateurs handicapés. Le dispositif d’apprentissage sera adapté pour répondre à leurs besoins.
« La bataille fait rage ! »
Ce renouvellement des équipes devra se faire dans un environnement marqué par plus de concurrence en France et plus d’expansion en Europe. « La bataille fait rage ! », lançait Yves Couturier. BNP Paribas, les Banques populaires ont une politique active d’ouverture d’agences. Les Caisses d’épargne se rapprochent des Banques populaires. La Banque postale, aussi, que la banque verte voit comme un concurrent à armes inégales, grâce à « son privilège » sur le livret A, grand produit d’appel (« le plus formidable fichier de prospects dont on puisse rêver»). Du coup « certaines règles du jeu demeurent faussées et inégales dans la conquête de la clientèle des jeunes ». Dans ce contexte, la banque va développer des produits et des agences nouvelles. 420 agences supplémentaires en trois ans d’ici fin 2007, un produit bon marché d’assurance chômage, des services à la personne…
L’Europe, nouvelle frontière
L’accent est également mis sur le développement de la banque de détail en Europe. L’année 2006 a vu un démarrage foudroyant de cette politique d’expansion, dans l’Union européenne ou chez ses voisins : « L’Europe est bel et bien la nouvelle frontière du Crédit agricole», affirme Yves Couturier. Des investissements dans lesquels les caisses régionales interviennent elles aussi, via leur filiale Sacam International : 10 % du capital de la banque de détail en Italie, 5 % dans le grec Emporiki, entrée dans le capital d’une banque arméniene, ACBA, banque coopérative agricole que le français a aidé à naître au début des années quatre-vingt-dix. Aujourd’hui, le Crédit agricole est présent en Ukraine, au Portugal, en Grèce, en Italie et même en Egypte. Avec un accent mis sur l’activité de réseau. « Faire de la banque de détail suppose une proximité culturelle » expliquait le DG de Crédit agricole SA Georges Pauget, expliquant pourquoi la stratégie est d’abord européenne.