Pour les caves coopératives, réunies en congrès à Valence le 25 juin, la priorité, c'est l'investissement, tant les besoins sont importants, pour l'installation comme pour la recherche de la valeur ajoutée. Boris Calmette, président de la Confédération des caves coopératives vinicoles de France, a insisté auprès du représentant du ministre de l'Agriculture pour que le gouvernement prenne des mesures fiscales incitant davantage les coopératives à investir.
« Nous venons de parler installation des jeunes en cave coopérative, mais aussi marketing et développement de la valeur ajoutée à l'aval, dans le cadre de notre table ronde sur le thème 'marque, appellation ou signature'. Dans les deux cas, le maître mot est l'investissement », a indiqué Boris Calmette lors de son discours de clôture.
Ce congrès s'est déroulé autour de deux thèmes : l'encouragement à l'installation des jeunes vignerons coopérateurs, à travers la remise des prix d'un « concours de l'installation des jeunes vignerons en cave coopérative », et une table ronde sur l'efficacité des appellations et des marques à générer de la valeur ajoutée.
Des aides ciblées sur des objectifs précis
Le concours de l'installation a récompensé quatre projets pour leurs dispositifs d'accompagnement exemplaires. Le projet de la cave Uvica - Vignerons Ardéchois, a été distingué pour avoir mis en place une série d'aides financières dégressives durant les quatre premières années de l'installation. Ces aides portent sur quatre points : une dotation à l'installation, une aide sur les surfaces en fermage, une aide sur les achats de vignes et une aide sur l'assurance-récolte. En outre, souhaitant encourager la cession de l'exploitation, le projet a aidé également les cédants proportionnellement aux surfaces cédées. Une convention tripartite a lié le jeune vigneron, la cave coopérative et Uvica - Vignerons Ardéchois. Parmi les jeunes vignerons du projet, un chauffeur-livreur qui s'est installé début janvier 2014.
Le jury a primé par ailleurs le projet d'une coopérative basque, la cave d'Irouléguy, pour avoir permis à un jeune vigneron de replanter des vignes sur les mêmes parcelles de montagne que ses aïeux tout en conservant les anciens murs de pierre sèche, qui assainissent le sol. Il a attribué une récompense au projet de la cave du Baou, qui a consisté à aider financièrement un jeune vigneron à s'installer dans une zone de forte pression de l'urbanisation en Provence. Enfin il a attribué son « coup de cœur » au projet de la cave de Montbazillac, qui a formé un jeune vigneron, entré d'abord à la coopérative en stage d'alternance au caveau, et qui s'est formé progressivement à la viticulture.
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Le jury a été composé, entre autres, de membres de FranceAgriMer, de l'INAO, des JA, du ministère de l'Agriculture.
La marque n'est qu'un repère
Le débat organisé sur le thème de l'appellation et de la marque a montré la complémentarité entre les deux. « Une caractéristique de la marque est d'avoir une valeur additionnelle à l'appellation », a indiqué Jacques Tranier, directeur général des Celliers des Dauphins, une coopérative et une marque à la fois. Elle n'est justifiable que si le client paye la publicité intégrée dans le prix en étant « content de payer », a-t-il poursuivi, insistant sur le fait qu'elle doit être porteuse de rêve. Julie Campas, directeur général de Nicolas Feuillatte, qui est aussi à la fois une coopérative et une marque de champagne, a pour sa part estimé que la marque doit d'abord être prononçable par des consommateurs lointains, et qu'elle sert de repère pour guider le consommateur. « Si les vins français sont si fortement concurrencés par ceux du Nouveau Monde, c'est parce que la concurrence, avec ses marques, a simplifié les codes », a-t-elle ajouté.
Entre la marque et l'appellation, les opérateurs choisissent non pas l'un ou l'autre par dogme, mais par efficacité. Ainsi,la marque peut compléter l'appellation en accélérant la visibilité du produit. Mais l'appellation permet à des caves de taille moyenne de mettre des moyens collectifs de promotion, à des coûts moindres que ceux engagés par une marque, a fait remarquer Philippe Pellaton, président de la cave Laudun-Chusclan.
Les caves coopératives demandent au gouvernement une incitation fiscale à l'investissement. Lors du congrès de la CCVF, leur président Boris Calmette, a rappelé au représentant du ministre de l'Agriculture que Stéphane Le Foll a annoncé récemment, un « Plan Investissement Coopération 2015 ». « Nous attendons aujourd'hui des mesures concrètes, qu'il s'agisse de mesures de soutien direct ou de mesures fiscales, qui pourraient par exemple porter sur d'autres impôts que l'IS (impôt sur les sociétés) », a-t-il déclaré, après avoir insisté sur la nécessité d'attirer plus de jeunes vignerons coopérateurs.