Les caves coopératives ont réclamé des aides d’urgence tout en souhaitant des mesures structurelles, avant un rendez-vous entre Marc Fesneau et la filière en pleine crise.
« Il faut que les aides arrivent », a insisté en conférence de presse le 24 janvier, Joël Boueilh. Le président de La Coopération agricole Vignerons coopérateurs se dit déçu du manque d’avancée depuis la rencontre en juillet avec le ministre de l’Agriculture, que la filière doit rencontrer à nouveau le 26 janvier. Les aides attendues concernent des mesures conjoncturelles : l’« arrachage » (baisse des surfaces), notamment pour le vignoble bordelais ; la distillation, visant des vins rosés ; le stockage, en faveur de certains surplus de vins rouges.
L’arrachage définitif a « peu de chance d’aboutir », selon lui, faute de soutien des autres États membres. Reste « l’arrachage temporaire » (replantation quelques années plus tard), avec des fonds européens Feader pour une réorientation vers d’autres productions à caractère agro-écologiques. Encore faut-il que l’État abonde ces aides au côté des régions, plaide Joël Boueilh. Mais le risque est d’affaiblir certaines appellations, moins de surfaces signifiant moins de volume pour écraser les coûts, selon lui. Les caves coopératives, en mal de trésorerie, demandent par ailleurs un allongement de la durée de remboursement du PGE (Plan garanti par l’État). Certaines se trouvent « prises à la gorge », entre des prix du vin à la baisse et une retiraison (retrait de marchandise) au compte-gouttes.
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Réorientation du vignoble
Des mesures structurelles sont visées en parallèle. « On doit plus que jamais se préoccuper de savoir qui boit nos vins, quand, comment », explique-t-il. La Coopération agricole mise entre autres sur son initiative de consultation citoyenne des jeunes « Pour une nouvelle France alimentaire », qui débute le 26 janvier à Rennes et doit se poursuivre dans quatre autres villes. L’idée est de s’adapter aux attentes du consommateur. Une réorientation partielle du vignoble est alors envisagée. Ce qui peut être mis en place via une restructuration différée, soit un arrachage suivi quelques années plus tard d’une replantation.
Les caves veulent aussi « faire émerger des opérateurs en mesure de porter l’offre à l’export ». Confrontés à un marché national qui se contracte – depuis trente ans, la consommation de vin chute en France d’environ 1 litre/an/habitant – les Vignerons coopérateurs réclament des aides publiques pour s’orienter davantage à l’international. « On manque d’acteurs structurés », souligne la directrice Anne Haller. L’organisation compte 580 caves et unions de coopératives, dont les trois quarts ont une taille « extrêmement réduite ». Elle demande une reconnaissance officielle en tant qu’organisations de producteurs, afin que les entreprises puissent mutualiser leurs coûts à l’export. Les aides sollicitées visent la création de marque, la connaissance des marchés.