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Les Cellier associés mettent le cap sur le jus de pomme

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Face à un marché du cidre difficile, la coopérative cidricole costarmoricaine innove en lançant un jus de fruit issu de fruits non traités qu’elle commercialise sous la marque Sous le pommier. En 2021, elle compte réaliser 60 % de ses volumes avec les jus de fruits.

La recherche d’une troisième voie entre production biologique et production conventionnelle vient de déboucher sur un nouveau label : le non-traité. Cette fois-ci, ce sont les Celliers associés qui sont à l’initiative et les premiers produits sont des purs jus (pomme ou pomme-poire, PVC : 2,40 euros/1 litre) et un jus de pomme pétillant (PVC : 3,20 euros/75 cl). « Nous avons rédigé un cahier des charges, amendé et agréé par Bureau Veritas, qui prévoit que les agriculteurs n’utilisent aucun traitement de type pesticide, insecticide, fongicide ou herbicide », détaille Philippe Musellec, le directeur général de la coopérative Les Celliers associés (39,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018).

En cas d’impossibilité de se conformer à cette exigence, notamment en ayant recours à des traitements pour sauver la récolte, la production est exclue de la démarche. Un tel niveau d’exigence, supérieur à celui prévu dans le cahier des charges de l’agriculture biologique, va exposer la coopérative à des variations importantes de volumes de pommes à collecter. Un risque assumé par la direction. « Pour la récolte 2018, nous avions 6 agriculteurs, mais pour 2019, nous passons à 15 agriculteurs », poursuit le DG. Les pomiculteurs sont notamment attirés par le prix d’achat des pommes à près de 330 euros la tonne, un tarif près de deux fois supérieur à celui de la pomme à jus conventionnelle. Près de 400 000 litres sont mis sur le marché depuis février. Et pour la saison prochaine, la coopérative compte produire 3 millions de litres de jus.

Afin de valoriser au maximum sa démarche, la coopérative a lancé sa propre marque : Sous le pommier. Une première sachant que les Celliers associés n’avait pas, jusqu’à maintenant, de marque propre pour les jus. Les produits sont garantis d’origine française (ils sont issus des vergers des adhérents) et portent en plus le label Agri Confiance développé par les coopératives.

Mieux valoriser les produits de la coopérative

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Ce nouveau produit illustre la stratégie des Celliers associés pour les années à venir : poursuivre la valorisation et mettre l’accent sur les jus. Pour les cidres, la production dominante de la coopérative (Val de Rance), la montée en gamme s’illustre par le lancement de Perle de cidre, une offre premium qui emprunte les codes du proseco en termes d’emballage et qui se rapproche des vins effervescents par sa robe cristalline.

Mais face à un marché du cidre difficile, la coopérative a décidé de mettre le cap sur les jus de pomme et de poire en travaillant sur la valeur ajoutée. « Dans le cadre de notre projet interne Cap 2021, nous avons décidé de maintenir les volumes de cidre et d’accroître fortement les volumes de jus qui vont passer de 40 % des volumes globaux de la coopérative à 60 % en 2021 », prévoit Philippe Musellec.

Le cap vers la valorisation déjà enclenché depuis plusieurs années semble payant. Dans un marché du cidre en développement en grandes surfaces (+3,1 % en volume et +4,5 % en valeur par an selon Nielsen), les produits Val de Rance s’affichent en nette hausse de 6 % en volume et de +8,6 % en valeur. La coopérative a enregistré l’année dernière un excédent brut d’exploitation (EBE) stable à 2,9 millions d’euros et un résultat net en baisse à 988 000 euros (contre 1,3 million d’euros en 2017). Pour accompagner son développement, les Celliers associés viennent de lancer un vaste programme d’investissement de 15 millions d’euros (2019-2021) afin d’augmenter les capacités de production des deux sites de Pleudihen-sur-Rance (Côtes-d’Armor) et de Condé-en-Normandie (Calvados) afin de passer de 290 000 hl (2018) à 400 000 hl en 2021.