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ONIGC Les céréales européennes en panne de compétitivité

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Les opérateurs et l’ONIGC s’inquiètent de la baisse de compétitivité des céréales françaises et européennes sur le marché mondial. Les exportations ont tendance à baisser en blé, notamment, tandis que les importations de maïs ou de sorgho augmentent. De quoi déstabiliser le marché.

«Il faudrait que l’on soit plus près des prix mondiaux pour atteindre les objectifs d’exportation », a signalé Bruno Hot, directeur général de l’ONIGC (Office national interprofessionnel des grandes cultures), en conférence de presse le 14 novembre, à l’issue du conseil spécialisé de la structure. Cela vaut surtout pour le blé. Pour le moment, l’office estime à 4,85 Mt les exportations vers les pays tiers pour la campagne 2007/2008. Un chiffre à même d’équilibrer le bilan, puisqu’il conduirait à un stock de report d’environ 2 Mt. Sauf que les jours passent, et la France comme l’Europe perdent de leur compétitivité à l’export.

Plus de 7 Mt d’importations de maïs et de sorgho

« Le fret qui constituait une protection s’est stabilisé, et le dollar continue de s’affaiblir par rapport à l’euro », a indiqué Bruno Hot. Autrement dit, le blé du Vieux continent est en train de perdre son avantage compétitif. Ce qui inquiète les opérateurs, tant les producteurs que les utilisateurs, tels les fabricants d’aliments du bétail que cette fragilité ne rassure pas. Car les importations se renforcent : l’Europe a d’ores et déjà acheté près de 5,7 Mt de maïs, soit quatre fois plus que l’an dernier, et près de 1,7 Mt de sorgho sont amenées à rentrer dans l’Union contre 200 000 tonnes la campagne passée. L’Espagne, par exemple, préfère importer du maïs de l’hémisphère sud. Compte tenu des volumes débarqués, le pays est même un peu engorgé. Cette situation pourrait avoir des répercussions visibles sur le marché français, qui devrait exporter cette année 5,2 Mt vers l’Union européenne, soit essentiellement le Bénelux et l’Espagne.

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Halte à la viande blanche sud-américaine

Et le frein que la Commission met aux importations de maïs OGM ne durera pas éternellement : « Si on pousse le raisonnement, on importera directement des viandes blanches » en provenance du Brésil ou de l’Argentine, a commenté Rémi Haquin, président de l’Office. Pour Bruno Hot, l’accès aux OGM donné aux producteurs brésiliens et argentins constitue une « rupture de compétitivité supplémentaire, qui s’ajoute aux difficultés déjà présentes dans l’Union ».

Pour l’Office, il ne faut en tout cas pas traîner pour exporter, car l’offre mondiale est en train de se réduire. Les Etats-Unis sont à 85 % de leur capacité d’exportation, les règles d’exportation vont se durcir en mer Noire dès le début 2008, que ce soit en Russie ou en Ukraine. « Il ne faut pas qu’on décroche », a souligné Bruno Hot.