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Fonds de solidarité Les céréaliers veulent aider les éleveurs, et qu’on soutienne leur développement

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L’annonce le 30 août de la constitution, à venir, d’un fonds de solidarité pour l’élevage par les associations spécialisées (AS) en blé et maïs de la FNSEA a suscité de nombreux espoirs. Cependant, les modalités de fonctionnement et de constitution de ce fonds restent à être définies et les producteurs de grandes cultures attendent aussi qu’on les aide à se développer.

«Le chiffre de 100 millions d’euros est un objectif », explique Philippe Pinta, président d’Orama (syndicat des producteurs de grandes cultures), au sujet du fonds de solidarité céréaliers-éleveurs annoncé par les producteurs de blé et de maïs le 30 août. Les modalités de ce plan devaient être précisées le 11 septembre, avant l’intervention du Président de la république, François Hollande, au Space de Rennes. Mais les contours de ce plan peinent à émerger. Si bien que la conférence de presse de l’Association générale des producteurs de blé (AGPB) prévue le 11 septembre, et au cours de laquelle des précisions étaient attendues, a été annulée.
 
Vers la création d’un comité de pilotage du fonds
« Un comité de pilotage du fonds de soutien des céréaliers envers les éleveurs devrait être bientôt créé », explique Philippe Pinta. Selon lui, ce comité serait constitué des associations spécialisées dans les grandes cultures de la FNSEA et de celles de l’élevage. Il indique cependant n’être pas certain d’arriver à collecter la somme de 100 M€. Le comité aura pour but d’orienter le fonds vers les priorités ciblées notamment par les éleveurs. « Nous attendons des idées de leur part », a déclaré Philippe Pinta. Les débouchés de ce fonds seraient exclusivement structurels, selon lui, et serviraient à moderniser les exploitations d’élevage et les outils de transformation. Concernant les modalités de fonctionnement et d’attribution du fonds, Christophe Terrain, vice-président d’Orama, estime « qu’on est au début d’une démarche qui reste à construire ». « Orama a bien saisi la nécessité de l’accompagnement d’un fonds structurel qui donnera de la compétitivité à nos clients éleveurs », selon Christophe Terrain. Reste a convaincre la base du bien-fondé d’une contribution volontaire de la part des céréaliers, prélevée sur la collecte des céréales.
 
Prendre en compte la compétitivité des céréaliers également
« Si ce fonds a pour objectif d’améliorer la compétitivité des élevages français, nous avons le même souci en ce qui concerne les grandes cultures », souligne Christophe Terrain. Selon lui, les céréaliers ont besoin de tous les outils, « intrants, accès à l’eau » notamment, pour entretenir leur compétitivité. L’idée serait aussi de faire évoluer le système des dotations pour aléas (DPA). « Nous attendons les annonces du président de la République le 11 septembre au Space », déclare-t-il. Selon lui, l’objectif est de montrer que le monde végétal prend des initiatives. Au niveau du ministère de l’Agriculture, Christophe Terrain indique découvrir « une écoute différente par rapport aux dernières années sur l’importance de l’agriculture dans l’économie ». Le précédent gouvernement ayant eu tendance, selon lui, à stigmatiser les producteurs de grandes cultures lorsque, en raison de prix hauts sur les céréales, les éleveurs ont rencontré des difficultés. De son côté, la Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (Fop), qui soutient le fonds de solidarité avec les éleveurs, estime que les actions structurantes de ce fonds devront « aussi favoriser les approches inter filières par des mécanismes de régulation, de stockage et de contractualisation ». Pour Gérard Tubéry, président de la Fop, « il s’agit bien d’établir de véritables partenariats économiques, politiques et humains entre le secteur de l’élevage et celui des grandes cultures ». La Fédération demande enfin aux pouvoirs publics « l’affirmation progressive d’un plan protéines ambitieux ». Elle souhaite aussi un engagement ferme de leur part sur l’extension des mesures agroenvironnementales (MAE) en faveur de l’introduction des légumineuses dans la rotation, sur la poursuite du plan d’accompagnement des protéagineux ou la mise en place d’un marché à terme des tourteaux de colza.

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