Les chambres d’agriculture et l’Ademe ont signé le 3 mars un accord-cadre « pour le développement durable et la lutte contre l’effet de serre ». Il s’agit de rendre plus systématiques les nombreux thèmes de travail commun : qualité des sols, recyclage agricole des déchets organiques, bois-énergie, bio-produits, valorisation des effluents d’élevage, etc.
Depuis plusieurs années les chambres d’agriculture et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) travaillent ensemble, avec environ 150 conventions signées depuis 2000 pour plus de 50 chambres avec les délégations régionales de l’Ademe. Le groupe Chambres d’agriculture et l’Ademe ont décidé d’étendre leurs actions communes et de formaliser ce programme dans un accord. Cet accord-cadre signé par Michèle Pappalardo, présidente de l’Ademe et par Luc Guyau, président du groupe des chambres d’agriculture, est prévu pour trois ans, sous la surveillance d’un comité de pilotage, chargé d’en établir le bilan.
Effluents d’élevage : 280 millions de tonnes par an
Voici les grands axes de collaboration de l’accord-cadre :
– La valorisation agricole des déchets organiques : elle vise le retour au sol. La gestion biologique des déchets est appelée à croître : 280 millions de tonnes d’effluents d’élevage et 40 millions de tonnes de déchets organiques des collectivités et des industries sont produits chaque année.
– La gestion des déchets d’exploitation (pneus, huiles usagées, phytos) sera poursuivie pour d’autres types de déchets, par l’organisation de collectes.
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– La production d’énergie est une nouvelle diversification pour les agriculteurs. Les deux parties vont les sensibiliser et réaliser pour eux des études sur le solaire, l’éolien, la méthanisation, la valorisation énergétique des végétaux.
– La maîtrise de la pollution de l’air par les phytosanitaires : choix des matières actives et modalités d’application.
– Le management environnemental des exploitations : les deux parties vont travailler ensemble à la généralisation des démarches d’amélioration des pratiques environnementales.
Un exemple a été donné, lors de la signature de l’accord, par Michel Delacroix, président de la chambre d’agriculture du Doubs. Éleveur laitier, il a investi dans une chaudière à bois déchiquetté provenant de ses haies et de bois de rebus vendu par des voisins, pour chauffer son habitation et exploitation (salle de traite, bâtiments d’élevage) et celles de ses trois fils. Il est maintenant en tractations avec la communauté de communes de Valdahon (Doubs), aux terme desquelles plusieurs agriculteurs vendront de la chaleur, via une chaudière à bois, à des bureaux (la chambre d’agriculture, le centre de gestion, la poste) et à des habitations.