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Chambres d'agriculture Les chambres d'agriculture se soucient du changement climatique

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Les chambres d'agriculture veulent faire de la lutte contre le changement climatique un atout pour l'agriculture, et réfléchissent à leur manière d'accompagner les producteurs

Face au changement climatique, les agriculteurs sont acteurs, mais ils sont également victimes. Pour y faire face, et ainsi œuvrer pour préserver leurs moyens de productions, l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA) a réfléchi pour mieux accompagner les producteurs, lors d'une journée d'étude à Paris, le 19 novembre.

Passer de la contrainte au bénéfice économique

« Confrontés à une stagnation de leurs rendements, à des accidents climatiques brutaux, les agriculteurs réfléchissent pour faire évoluer leur exploitations », constate Jean-Luc Gitton, vice président de la Chambre d'agriculture du Cher. « Mais ils doivent le faire dans un marché économique ouvert : il faut un compromis entre l'évolution du système vers quelque chose de plus vertueux et la capacité à faire évoluer son entreprise dans un milieu concurrentiel », développe-t-il.

Alors « aller vers les agriculteurs en ayant comme clé d'entrée l'environnement, c'est une erreur : il faut arriver avec des choses pragmatiques », conseille-t-il. « On touche des gens qui ont la tête dans le guidon pour survivre, on peut les toucher par l'économie : consommer moins d'énergie, c'est positif pour les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi pour le porte-monnaie ».

De plus, « les investissements en termes d'énergie sont souvent coûteux, et si on n'a pas un équilibre économique, ce n'est pas la peine d'aller voir son banquier », prévient-il.

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« La difficulté par rapport aux agriculteurs, c'est qu'ils ont l'impression que l'environnement, c'est des contraintes, de la réglementation. Mais ils sont conscients qu'il faut faire évoluer leurs pratiques. Ils savent aussi que pour ça, il leur faut du temps, et que c'est un risque économique », abonde Daniel Roguet, élu référent Climat air énergie » pour l'APCA.

L'agroécologie comme cadre

« Le changement climatique est une question stratégique pour l'agriculture, qu'il faut mettre en haut des priorités », assène Jérôme Mousset, chef du service agriculture de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Et selon lui, « les ambitions en termes de réduction des gaz a effet de serre vont fortement moduler le système économique, et notamment l'agriculture ».

Face à ces évolutions, le monde agricole devra s'ouvrir aux attentes de la société : « L'agriculture ne peut pas se faire sans être intégrée dans la société. J'entend les agriculteurs qui disent “laissez nous travailler”, mais si l'agriculture n'est pas au cœur d'un consensus sociétal, elle est en danger », prévient Jean-Claude Bevillard, président de France Nature environnement. « Le projet agroécologique est pour nous le meilleur cadre pour répondre aux effets du changement climatique », assure-t-il, tout en prévenant qu'« on ne peut pas imaginer une agriculture sans restrictions des échanges internationaux ».

Pour faire face aux enjeux climatiques, les chambres d'agriculture veulent définir une feuille de route pour 2020, afin de « faire de l'agriculture une source de solutions ».