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APCA Les chambres d’agricultures « solidaires avec les agriculteurs qui souffrent le plus »

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Dans une délibération adoptée à l’unanimité moins une abstention, l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture réunie en session exprime « toute sa solidarité aux éleveurs qui souffrent le plus ». « Pour les chambres, il est impératif que les mesures d’urgence annoncées par le gouvernement prennent la mesure de l’ampleur de cette crise et soient mises en œuvre au plus vite », souligne l’APCA. Plus globalement les présidents des chambres d’agriculture ont exprimé leur inquiétude face à un contexte très difficile et leur volonté d’apaisement face à des postures syndicales de plus en plus extrèmes.

«Il ne faut pas en rajouter ! ». Ces propos de Jean-Paul Bastian, vice-président de la FNSEA, résument bien l’état d’esprit des présidents de chambres d’agriculture réunis en session le 23 septembre à Paris, face à un terrain qui se déchire dans un contexte syndical des plus tendu. Au sujet de la crise laitière, ils ont insisté sur « la convergence des analyses » entre les différents syndicats et mouvements. « En Ariège, un tiers des éleveurs ont arrêté de livrer leur lait : ils sont de tout horizon. Tout le monde est d’accord sur les décisions à prendre », a expliqué le président de la Chambre d’agriculture. Même analyse du côté du président de la Chambre d’agriculture de Charente qui plaide pour « une expression de solidarité à l’ensemble du monde syndical. Ceux qui ne sont pas grévistes défendent la même chose que les grévistes ». Dans la Loire, « les actions sont montées d’un cran depuis lundi (21 septembre) : 80 000 litres de lait ont été déversés sur la Cité de l’agriculture mettant en péril le fonctionnement futur de la MSA et de l’Adasea », témoigne le président de la chambre d’agriculture. « Les CRS postés à quelques rues de la Cité de l’agriculture, ont laissé faire », s’énerve-t-il.

Quitter le métier !
« Si le gouvernement ne veut plus de ses paysans, alors prenez des mesures pour nous permettre de quitter le métier » s’est-il écrié, très ému, à l’adresse du directeur de cabinet du ministre Bruno Le Maire, présent lors de cet échange. Régis Chevallier, ancien secrétaire général de la FNPL, prévient qu’en Normandie, la baisse de revenu est de l’ordre de 50 %. « Dans le département de l’Orne, la baisse de revenu agricole atteint 100 millions d’euros. Dans ce contexte, l’annonce de prêts à 3 % est de la provocation ! ». Tous convaincus de la gravité de la situation et de la difficulté pour eux de répondre au désespoir des paysans, les présidents de chambre d’agriculture ont voté une délibération adoptée à l’unanimité moins une abstention. L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture réunie en session exprime « toute sa solidarité aux éleveurs qui souffrent le plus ». « Pour les chambres, il est impératif que les mesures d’urgence annoncées par le gouvernement prennent la mesure de l’ampleur de cette crise et soient mises en œuvre au plus vite », souligne l’APCA. Les présidents des chambres d’agriculture détenues par la Coordination rurale (Calvados, Lot-et-Garonne) souhaitaient faire voter une délibération uniquement sur la crise laitière. Ils n’ont pas été suivis. Luc Guyau, le président de l’APCA a défendu bec et ongles une motion exprimant la solidarité à toute l’agriculture qui est en crise. « Personne ne peut dire quand l’agriculture française reviendra un jour à la normale », a conclu Michel de Lapeyrière, président de la chambre du Lot-et-Garonne.

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