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Les chiffres du déséquilibre

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La réforme de 1999 n’a pas permis de résoudre le déséquilibre sur le marché du vin, comme le confirment les chiffres fournis par la Commission européenne dans son document de travail sur l’économie du vin : augmentation des volumes produits ainsi que des surfaces exploitées dans l’UE, demande intérieure en demi-teinte et concurrence accrue des vins du Nouveau monde.

Après une période de baisse de la production dans les années 1990, les volumes sont repartis à la hausse, sans toutefois atteindre les niveaux record des années 80 (plus de 200 millions hl pour l’Europe des 15 en 1982/83 et 1986/87). Au final, la production moyenne a augmenté de 0,5 % par an depuis 1997, souligne la Commission, et oscille entre 151 et 194 millions hl.

La restructuration du vignoble européen patine : après vingt ans de réduction draconienne – on était passé de 4,5 à 3,4 millions ha –, les surfaces ont augmenté, notamment en Espagne, en Italie et au Portugal, du fait, entre autres, de la réforme de 1999 qui prévoyait l’attribution de 51 000 ha de nouveaux droits de plantation. Le taux de renouvellement ne dépasse pas cependant 3,5 % au sein de l’UE, souligne le rapport.

Dans le même temps, la consommation a fléchi.

Les Européens boivent moins, avec une diminution de la consommation de 15 millions hl, soit 10 %, ces vingt dernières années. L’Italie, la Grèce, le Portugal ont enregistré des baisses de 20 % de la consommation depuis 1996.

Le rapport souligne également que les Européens, qui restent quand même les premiers consommateurs de vin avec 33 litres par an et par habitant, ont tendance à consommer autrement. La part des « vins de qualité » dans la consommation a augmenté mais ne suffit pas à compenser la diminution de 10 millions hl de la consommation des « vins de table ».

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Le phénomène est aggravé par la concurrence des vins du Nouveau monde qui correspondent davantage aux attentes des consommateurs.

Paradoxalement, l’UE est le plus gros importateur mondial. Les importations en provenance des quatre principaux pays tiers fournisseurs ont décuplé en 10 ans, passant de 850 000 hl en 1993 à 9,5 millions en 2004.

Sur les marchés mondiaux, l’UE représente toujours 60 % de la production mondiale. Elle est le premier exportateur de vin. Cependant sa part de marché s’est réduite du fait du dynamisme des pays du nouveau monde. La France, même si elle reste le premier acteur du commerce international avec une progression de 34 % sur le marché mondial, subit l’expansion des vins du nouveau monde qui, eux, affichent des progressions à trois chiffres. L’Afrique du Sud s’est ainsi imposée avec une augmentation de 770 % de ses exportations, De même pour l’Australie avec 500 %, le Chili (270 %) et les Etats-Unis (160 %).

Après une période de stagnation de 1996 à 2000 (12 millions hl environ), les exportations européennes ont de nouveau augmenté pour atteindre 13,9 millions hl en 2004, soit un rythme de progression de 7 % par an sur dix ans.

Les cinq principaux clients de l’UE absorbent 65 % de ses exportations. Un tiers des exportations européennes (3,5 millions hl) est destiné aux Etats-Unis, mais l’UE perd des parts outre-Atlantique, au profit de l’Australie et du Chili. Le second plus gros client est la Suisse (13 % des exportations), puis le Canada (10 %), le Japon (9 %) et la Russie (0,5 %).

Enfin, les exportations vers l’Asie du Sud-Est (Hong-Kong, Taïwan, Corée du Sud, Chine) représentaient en 2003 260 000 hl, soit quatre fois moins que le volume exporté six ans auparavant.