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Aneefel Les circuits courts agacent les expéditeurs de fruits et légumes

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Lors de leur assemblée générale qui s’est tenue le 5 mars à Paris, les expéditeurs de fruits et légumes ont fait part de leur agacement face à l’essor des circuits courts. Ils estiment que les producteurs y exercent une concurrence au moyen de coûts moindres, qui commencent à leur nuire.

Les expéditeurs de fruits et légumes, regroupés dans l’Aneefel (Association nationale des expéditeurs-exportateurs de fruits et légumes), ont manifesté lors de leur assemblée générale le 5 mars leur impatience devant le développement des circuits courts. « La moutarde leur monte au nez » quand ils entendent les appels des gouvernants aux producteurs sur le thème « regroupez-vous face à la grande distribution », alors que dans les faits « tout concourt à accroître l’atomisation des producteurs », a dénoncé Daniel Corbel, président de l’association.

Des coûts bien moindres
« On ne fait qu’inciter partout les producteurs à développer les Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), les marchés paysans, les bords de route et la cueillette à la ferme, avec des coûts bien moindres que les nôtres ». Les producteurs, quand ils écoulent ainsi leurs produits par les circuits courts « ne sont pas soumis aux normes comme Nature’s Choice, Global Gap et autres HACCP ».
Les circuits courts représentent maintenant environ 5% des volumes de fruits et légumes, selon Daniel Corbel. Les expéditeurs, qui sont 150 à 200 entreprises, estiment pourtant remplir une fonction, l’expédition, qui sera toujours nécessaire, et qui est le propre des circuits « longs ». Cette fonction est assurée par les expéditeurs au sens strict, mais aussi par certains grossistes, des producteurs, des courtiers, des bureaux de vente. Soit 500 entreprises, hors coopératives, qui font de l’expédition. En comptant les coopératives, le métier de l’expédition concerne 800 entreprises, selon l’Aneefel.
La Loi de modernisation de l’agriculture a été un sujet de discussion lors de cette AG, mais pour constater « le flou » de la contractualisation. Cette mesure, si elle s’applique, nécessiterait un contrat entre un producteur et un metteur en marché de premier niveau (amont). « Je ne vois pas les coopératives passer des contrats avec leurs producteurs », a commenté le président de l’Aneefel.

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