La France et la Grèce ne sont pas parvenues, le 16 février, lors d’une réunion des experts européens, à persuader suffisamment de pays de les soutenir si elles veulent sauver leur clause de sauvegarde sur le maïs Mon 810. L’Allemagne, quant à elle, s’interroge sur la possibilité de laisser à ses Länder le choix d’interdire certains OGM.
Convaincre l’ensemble des délégations qui se sont abstenues ou qui n’ont pas pris part, le 16 février, au vote (Bulgarie, Danemark, Italie, République tchèque, Allemagne, Malte), ne suffira pas à la Grèce et à la France si elles veulent empêcher la levée des clauses de sauvegarde sur le maïs Mon 810 voulue par la Commission européenne. Car Paris et Athènes devront franchir, lors d’une prochaine réunion des ministres de l’agriculture, la barre de la majorité qualifiée pour contrecarrer Bruxelles. Faute de quoi, l’exécutif européen gardera la main. À ce stade, outre la France et la Grèce, la Slovénie, la Belgique, l’Irlande, Chypre, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, la Hongrie, l’Autriche et la Pologne, soit onze pays au total, ont rejeté les propositions de la Commission. Mais 9 pays – Royaume-Uni, Suède, Finlande, Slovaquie, Roumanie, Portugal, Pays-Bas, Espagne, Estonie – ont voté pour la reprise des cultures en France et en Grèce. Paris et Athènes devront donc faire basculer des alliés de Bruxelles pour remporter la partie.
Outre ces deux pays, la Hongrie et l’Autriche sont visées par des procédures lancées par la Commission européenne ces dernières semaines. En ce qui concerne la Hongrie, seuls 6 pays ont ouvertement soutenu Bruxelles lors d’un vote des représentants permanents (Coreper), le 11 février ; 15 autres prenant la défense de la clause de sauvegarde. Toutefois, 6 pays, parmi lesquels le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie n’ont pas dévoilé leurs cartes.
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Par ailleurs, la ministre de l’agriculture allemande, Ilse Aigner, a indiqué, dans une interview accordée au journal Berliner Zeitung, qu’elle n’écartait pas l’idée de bannir à nouveau le maïs Mon 810 des champs allemands. Elle doit notamment examiner si les industriels ont respecté leurs engagements en ce qui concerne le suivi des mises en culture d’OGM. Un rapport lui sera remis à la fin du mois de mars sur ce sujet. Mais, quoi qu’il en soit, la ministre estime que, jusqu’à présent, les OGM n’ont rien apporté de bénéfique aux agriculteurs de son pays.