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Etude/Performance Les clés de la performance des IAA les plus créatrices de valeur

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Solving Efeso a réalisé une étude sur la performance des entreprises agroalimentaires. Confrontées à un environnement très incertain et très volatile (1), certaines parviennent malgré tout à tirer leur épingle du jeu. Comment font-elles mieux que la concurrence en termes de croissance et de création de valeur ?

Dans le top 600 des entreprises cotées, les IAA ont tendance à croître un peu plus vite que la moyenne, note Philippe Jaegy, vice président de Solving Efeso. En France toutefois, on observe une stabilisation de la création de valeur, voire une dégradation ces deux dernières années. Si l’on part d’une base 100 en 2000, on est monté à plus de 110 en 2007, puis la situation a commencé à se dégrader et on passé sous la barre des 100 en 2011 et 2012. »
Solving Efeso a identifié le top 15 des entreprises agroalimentaires qui surperforment en termes de croissance et de création de valeurs. Parmi elles, peu d’européens (Unilever, Nestlé, Heineken, Südzucker). Fait notable, quatre de ces quinze entreprises sont des brasseurs (SabMiller, Asahi, ABInbev, Heineken), portés par le dynamisme de la catégorie et par un avantage avec la forte barrière à l’entrée pour les MDD sur le marché de la bière. Et fait encore plus notable, les deux premières entreprises du classement sont le chinois Uni-President (boissons) et le mexicain Bimbo (boulangerie industrielle).

Plusieurs registres d’excellence

Solving Efeso a identifié huit clés du succès : une stratégie globale, une stratégie focalisée, l’innovation de rupture par le business model, l’agilité, l’aptitude à maîtriser la volatilité des matières premières, une exécution parfaite, la compétitivité par les coûts et une faculté à attirer, fidéliser, cultiver les talents et mobiliser les énergies.
– AB Inbev combine rentabilité sur les zones matures et croissance sur les zones émergentes. Le groupe s’appuie sur un portefeuille de plus de 200 marques locales, régionales et mondiales aux stratégies différenciées.
– Le japonais Yamazaki constitue un bon exemple de stratégie focalisée. Spécialisé sur la boulangerie industrielle, il couvre toutes les unités de besoin en lien avec de secteur, du pain à la confiserie en passant par les crackers, les desserts et la confiserie. Le groupe compte aussi des points de vente à l’aval.
– Nestlé illustre l’innovation de rupture dans le business model avec sa stratégie en alimentation médicale. Le groupe suisse dispose d’une équipe R&D spécialisée (fonds de recherche doté de 400 M EUR), investit dans des start-ups et a repris l’activité nutrition de Pfizer. Il investit dans un secteur proche de la pharmacie, où les barrières à l’entrée sont très élevées. Le groupe a aussi créé un nouveau modèle économique pour le café avec Nespresso dont les codes sont proches de ceux du luxe.
– Le groupe mexicain Bimbo frappe, lui, par son agilité. Par rapport à d’autres grandes entreprises, il consacre peu de temps à élaborer des stratégies. Son approche consiste davantage à essayer, ajuster et déployer. Il a ainsi développé des systèmes de distribution adaptés à certains de ses marchés (Amérique du Sud, Asie), avec des tricycles qui peuvent circuler dans des rues étroites.
– Pour maîtriser la volatilité des coûts, Kraft a fait le choix d’un partenariat d’approvisionnement de long terme avec Barry Callebaut. Le leader mondial des produits à base de cacao a des partenariats du même ordre avec quatre des cinq leaders mondiaux de la confiserie et travaille en direct auprès des producteurs pour 69 % de ses approvisionnements. Cette intégration permet à Kraft de réduire le risque lié à la matière première et de simplifier la chaîne de valeur.
– Exemple d’exécution parfaite, Coca Cola qui travaille avec des embouteilleurs partenaires, maîtrise parfaitement les logistiques et l’exécution terrain adaptées à chaque circuit. L’américain a su déployer la marque par excellence, à la fois éternelle et très actuelle, dont il dose parfaitement le marketing mix.
– Heineken, enfin, illustre la compétitivité par les coûts avec des programmes d’amélioration continue sur les produits, la supply chain, les coûts fixes et le BFR.
« Tout est avant tout question de cohérence. Il faut choisir la catégorie dans laquelle on veut boxer et ne pas se tromper de terrain, résume Philippe Jaegy. Une entreprise dont l’organisation est performante peut délivrer deux fois plus de résultats que si elle dysfonctionne. »

(1) Tout le contexte change : volatilité, matières premières, distributeurs, consommateurs, concurrence, pouvoirs publics, opinion publique, ONG, financeurs… 

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