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Institutions européennes Les commissaires désignés présentent leurs projets aux députés européens

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Lors des auditions parlementaires, qui ont débuté le 11 janvier et doivent s’achever le 19 janvier, les députés européens ont découvert un futur commissaire au budget « réaliste » sur l’enveloppe communautaire après 2013, un commissaire au commerce hostile à toute taxe carbone aux frontières de l’UE et relativement optimiste sur un accord multilatéral de libre échange à l’OMC. Le commissaire à l’agriculture, Dacian Ciolos, devait passer, le 15 janvier, devant les députés.

Les chefs de file des groupes politiques du Parlement européen devaient se retrouver le 19 janvier, pour faire un bilan des auditions des commissaires désignés, et décider de la ligne de conduite de l’Assemblée en ce qui concerne la confirmation définitive de l’équipe proposée par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Ce dernier espère disposer de la confiance des députés européens avant le 1er février, ce qui nécessite un vote de l’Assemblée dès le 26 janvier. Ce calendrier pourrait cependant être remis en cause en cas de réticences des députés européens à l’égard d’un ou plusieurs candidats. A l’issue des premières auditions, la candidate bulgare Roumania Jeleva, désignée pour le poste de l’aide au développement et de la coopération internationale, était sérieusement en difficulté, José Manuel Barroso préparant déjà avec Sofia une éventuelle solution de remplacement. La commissaire désignée n’est pas parvenue, durant son audition, à dissiper les doutes sur ses liens avec des entreprises aux pratiques contestées.

Un budget « réaliste »
En revanche, le commissaire désigné au budget, Janusz Lewandowski, a été bien accueilli par le Parlement européen. Le Polonais a indiqué qu’il « essaierait d’être réaliste » car, dans une période de crise économique, « il est plus facile de réduire les contributions au budget communautaire que les budgets nationaux », a-t-il regretté. En matière agricole, M. Lewandowski a fait remarquer que d’ores et déjà, la Pac « n’a plus la même part du budget », rappelant que celle-ci passera déjà de 70% du budget dans les années 1980 à seulement 33% d’ici à 2013. Le futur commissaire au budget s’est montré hostile à toute forme de nationalisation « qui sonnerait le glas de cette politique » tout en plaidant pour une politique qui permette aux Etats membres de venir en aide au secteur agricole « sur une base volontaire ». La modulation des aides et leur conditionnalité sont deux pistes qui doivent encore être approfondies, a-t-il précisé.

Un accord à l’OMC d’ici 2010-2011
Pour sa part le Belge Karel de Gucht, appelé à occuper le poste de commissaire européen au commerce, s’est dit « assez confiant » dans la possibilité de parvenir à un accord à l’OMC sur la libéralisation des échanges d’ici à 2010-2011. « Nous devons avoir un consensus. Ça bloque entre les Etats-Unis, l’Inde et la Chine, qui ont comme un droit de veto. L’obstacle le plus important, c’est les questions agricoles », a-t-il détaillé. Par ailleurs, en réponse à une question du député européen écologiste Yannick Jadot (France), M. de Gucht a rejeté l’idée d’instaurer une taxe carbone d’ajustement aux frontières. Un tel mécanisme risquerait, selon lui, d’aboutir à une véritable guerre commerciale.

La législation sur l’eau mieux appliquée
Le commissaire désigné à l’environnement, Janez Potocnik, s’est, quant à lui, montré prudent dans l’application de la législation sur la qualité de l’eau. Certes, M. Potocnik entend assurer une meilleure mise en œuvre de la législation communautaire par les Etats membres, mais il travaillera en concertation « avec les collègues des autres services de la Commission », a-t-il indiqué alors que le problème des nitrates en Bretagne sera l’un des premiers dossiers qu’il aura à traiter au moment de sa prise de fonction et que Michel Barnier, qui a obtenu la suspension des poursuites à l’encontre de la France, en 2007, sera maintenant au sein même de l’exécutif européen. De plus, le commissaire désigné à l’environnement a indiqué qu’il ne comptait pas changer fondamentalement la législation sur les sites Natura 2000. Il préconise plutôt une meilleure mise en œuvre de cette politique, notamment dans le domaine agricole.

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