Suite à l’explosion de l’usine de la société SBM Formulation, spécialisée dans la fabrication et le stockage de produits phytosanitaires, les 26 et 27 juin dernier à Béziers, des analyses ont été réalisées à la demande de la préfecture de l’Hérault. Cette étude a été confiée à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) qui a présenté ses résultats le 19 octobre. L’institut reconnaît qu’il y a eu une exposition de la population aux alentours du site, mais d’un niveau modéré.
L’explosion de l’usine SBM Formulation les 26 et 27 juin 2005 a donné lieu à de nombreuses controverses. Les populations se sont très rapidement plaintes du manque de transparence à la suite de cet accident, étant donné l’impossibilité de connaître la liste des substances présentes dans l’usine et de connaître les résultats d’analyses réalisées. Un Comité local d’information et de concertation (Clic) de la zone industrielle a été constitué le 19 juillet, composé de l’administration, des collectivités territoriales, des exploitants, des riverains et des salariés. Ce comité local s’est réuni le 19 octobre pour analyser les résultats de l’étude réalisée par l’Ineris. L’objectif est de mesurer l’impact sanitaire des fumées émises lors de l’incendie sur les populations avoisinantes du site.
Exposition modérée par rapport à la pollution industrielle
Un communiqué de la préfecture de l’Hérault et de la région Languedoc-Roussillon précise les conclusions de l’Ineris. Ce dernier reconnaît que l’exposition aux produits de combustion a été réelle, « mais d’un niveau modéré par rapport à d’autres accidents ou à des bruits de fond industriels ». L’Ineris assure « l’absence d’effets aigüs graves résultant de l’exposition aux fumées de l’incendie ». Quant aux effets réversibles observés, ils « sont en cohérence avec la modélisation en particulier au sein des populations sensibles (asthmatiques, insuffisants respiratoires, …) ». Mais le texte ne précise pas les conclusions de la modélisation. Les retombées de produits appartenant à l’inventaire de l’usine ont été détectées sur les sols sur le site, en limite de site, et dans un échantillon à 500 mètres environ, mais pas au-delà. De même, l’Ineris a relevé la présence de dioxines et de phtalates, mais « à des niveaux comparables à ceux des zones urbaines ». « Les HAP ont aussi été détectés à des teneurs maximales environ trois fois supérieures à des “bruits de fond” urbains », précise le communiqué.
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La moitié des molécules sont interdites en France
Selon le MDRGF (Mouvement pour les droits et le respect des générations futures), les analyses réalisées sur des feuilles à proximité de l’usine, par le laboratoire LCA pour le compte de la mairie de Béziers révèlent la présence de 59 molécules mesurées à des doses supérieures au seuil de quantification, dont 24 molécules sont interdites d’utilisation en France. C’est pourquoi l’organisation demande « d’interdire la fabrication et le stockage sur le territoire national des pesticides interdits d’utilisation en France, afin de protéger complètement la population et l’environnement de leurs dangers ». SBM Formulation prépare 50 000 tonnes de produits phytosanitaires pour le marché français mais aussi pour l’exportation vers certains pays en développement. SBM Formulation a appartenu au groupe Union Carbide, puis à Rhône-Poulenc pour être ensuite repris par des cadres de Rhône-Poulenc. L’usine a repris son activité fin juillet 2005 de façon partielle.