L'élevage intensif dans l'ouest de l'Allemagne cherche des solutions de repli car il devient trop polluant. Le sujet a été abordé lors d'une conférence sur l'agriculture allemande et française à Paris, le 15 janvier.
L ES pouvoirs publics de Basse Saxe et des Länders de l'Est développent une coordination renforcée pour accueillir de nouveaux élevages à l'Est. C'est ce qu'a affirmé Michel Ferret, ancien chef du service marché et études des filières chez FranceAgriMer, lors d'une conférence organisée par le Syrpa (professionnels de la communication en agriculture) à Paris, le 15 janvier. Les problèmes et objectifs écologiques ont tendance à pousser l'élevage allemand vers l'est du pays. En élevage, la Basse Saxe, région traditionnelle pour cette activité, arrive à saturation : « c'est trop pollué », poursuit Michel Ferret. De fait, l'élevage allemand s'est considérablement concentré dans le nord-ouest du pays, tant en élevage hors-sol qu'en ruminants. Le spécialiste explique que la Basse Saxe représente 15% de la SAU (surface agricole utile) de l'Allemagne, mais qu'elle concentre aussi 30% des porcs, 50% des volailles (poulets et dindes) et 45% de la production d'aliments pour les animaux d'élevage. L'intensification de l'élevage allemand arrive à ses limites, mais en redemande : entre 2009 et 2012, les capacités de production de poulets en Basse Saxe s'est accrue de 57%. Juergen Ohlhoff, conseiller agricole à l'ambassade d'Allemagne à Paris, a soutenu que l'Allemagne a pour objectif de réduire de 40 % ses émissions d'ammoniac d'ici 2035.
Cap à l'EstPar conséquent, les pouvoirs publics de Basse Saxe et des Länders de l'Est développent une coordination renforcée pour accueillir de nouveaux élevages à l'Est. Ceci se situe dans un nouveau contexte où, indique Michel Ferret, « le ministre de l'Agriculture de la Basse Saxe est du parti des Verts depuis février 2013 comme c'est le cas dans quatre autres Länders ». L'Est est donc une « solution de repli pour l'élevage », affirme-t-il. Dans les Länders de l'ancienne Allemagne de l'Est, il y a des surfaces disponibles. Les éleveurs de l'Ouest souhaitent en profiter. D'autant que le prix du foncier est encore attractif. Néanmoins, les baux de location (18 ans), passés après la réunification avec la population d'Allemagne de l'Est, pour redistribuer les terres anciennement collectivisées sont arrivés à terme. Michel Ferret explique que depuis 2010, le prix du foncier est dicté par « des offres d'intervenants non agricoles ». Cette arrivée massive de nouveaux investisseurs dans les terres agricoles est en train de faire grimper les prix. Cette tendance est aussi exacerbée par le fort développement des surfaces dédiées au développement de la méthanisation.
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Enfin, Michel Ferret relève avec ironie : « Le Länder de Mecklembourg-Poméranie veut développer l'élevage de porcs, mais aussi le tourisme ». Le repli des élevages à l'Est commence, mais il est encore loin d'être arrivé.