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Nanoparticules Les confiseurs en quête d’alternative au dioxyde de titane

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> Alors que Bercy met la pression sur les industriels au sujet de l’étiquetage des nanoparticules, les confiseurs prennent l’engagement de supprimer le dioxyde de titane de l’ensemble de leurs produits. Des recherches sont en cours pour trouver des alternatives, financées en partie par les Confiseurs de France. Un enjeu qui concerne une vingtaine d’adhérents du syndicat.

Trois mois après la présentation devant le Conseil national de l’alimentation des premiers résultats de l’enquête de la DGCCRF sur l’étiquetage des nanoparticules dans les denrées alimentaires, Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’État, a convoqué les professionnels de l’alimentaire à Bercy le 10 avril. Objectif : demander qu’une « information loyale soit donnée aux consommateurs afin qu’ils puissent orienter leurs choix de manière éclairée » et rappeler qu’il est nécessaire de « respecter la réglementation en matière d’étiquetage. » L’enquête de la répression des fraudes avait « mis en évidence la présence de nanoparticules dans 39 % des 74 produits alimentaires (confiseries, décorations pour pâtisseries, épices,…) analysés sans que leur étiquetage ne le mentionne », rappelle opportunément Bercy.

Sur la base de ces premiers résultats, la secrétaire d’État a tenu à rappeler que les contrôles vont se poursuivre, quitte à envisager des poursuites devant la justice pour les manquements les plus graves. « J’ai demandé à la DGCCRF de poursuivre ses contrôles auprès des professionnels de l’alimentaire ainsi que leurs fournisseurs et d’engager les suites appropriées, à la fois des injonctions de mise en conformité mais aussi d’éventuelles suites pénales en fonction de la gravité des manquements constatés. Ces contrôles garantissent tant la sécurité alimentaire et la confiance des consommateurs que la loyauté de la concurrence », a prévenu Delphine Gény-Stephann à l’issue de la réunion.

100 % des adhérents vont supprimer le dioxyde de titane

Chez les Confiseurs de France, le syndicat professionnel présidé par Jean-Philippe André (Haribo), on tient avant tout à insister sur les objectifs que se sont fixé les fabricants français. « Dans le cadre de notre charte en cours de finalisation, les confiseurs s’engagent tous à supprimer le dioxyde de titane de leurs produits », déclare Florence Pradier, secrétaire générale des Confiseurs de France, membre de la fédération Alliance 7.

La tâche est complexe à la fois pour les grands industriels mais aussi pour les petits faiseurs. Les géants du secteur sont confrontés à un enjeu d’étiquetage lié à leurs implantations industrielles dans toute l’Europe, ainsi qu’à leur commercialisation à l’échelle de plusieurs pays. Et la reformulation de recettes de produits parfois diffusés dans le monde entier est complexe. Le dioxyde de titane (TiO2) permet d’obtenir un aspect blanc impeccable et durable, y compris lorsque le produit est chauffé à haute température.

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Pour les plus petits faiseurs, c’est davantage la question des moyens à mobiliser pour trouver des alternatives qui est en cause. « Des recherches d’alternatives sont en cours actuellement », poursuit Florence Pradier, soulignant que « les investissements sont importants et les plus grandes entreprises sont solidaires des plus petites ». Le syndicat va notamment financer des tests au niveau des instituts techniques ou chez les adhérents.

Un nouveau bilan de la DGCCRF dans les prochains mois

« 90 % des adhérents des Confiseurs de France ont supprimé le dioxyde de titane de leurs produits », affirme Florence Pradier. Et parmi les 80 adhérents des Confiseurs de France, certains ne sont pas concernés par la question comme les fabricants de pâtes de fruits ou de calissons d’Aix. Les plus exposés sont les producteurs de bonbons dragéifiés, notamment les dragées de baptême. Ces confiseurs pourraient être rapidement concurrencés par des produits d’importation venant de pays n’ayant pas les mêmes exigences quant aux ingrédients, rappelle le syndicat.

La DGCCRF va continuer à suivre ce dossier de près et présentera « un nouveau bilan de ses contrôles au cours des prochains mois ». La question se joue aussi à l’échelle européenne. Bercy rappelle ainsi les démarches engagées par les autorités françaises « auprès de la Commission européenne pour partager les résultats des contrôles opérés par la DGCCRF, et pour demander des mesures de sauvegarde de la part de la Commission européenne dans l’attente d’une réévaluation par l’Agence européenne de sécurité des aliments des risques du TiO2 en tant qu’additif alimentaire. »