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Boissons alcoolisées Les consommateurs en faveur d’avertissements sur les étiquettes

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Près de huit Européens sur dix (77 %) seraient favorables à des avertissements sur les bouteilles d'alcool et dans les publicités pour ces produits afin d'alerter les femmes enceintes et les automobilistes des dangers de la consommation d'alcool. C'est ce qui ressort d'une enquête Eurobaromètre que vient de présenter la Commission européenne. Enquête qui révèle que l'opinion publique européenne soutiendrait, d'une manière générale, les mesures visant à protéger les groupes sociaux vulnérables et à réduire le nombre d'accidents de la route liés à l'alcool. En revanche, la plupart des personnes interrogées ne réduiraient pas leur consommation d'alcool si elles devaient le payer plus cher. Des chiffres à méditer par les industriels de l'Union européenne.

« Il ressort clairement de cette enquête que les citoyens européens sont en faveur de mesures destinées à protéger les groupes spécifiques de la société tels que les femmes enceintes, les conducteurs et les jeunes contre les effets néfastes de la consommation excessive et le mauvais usage de l'alcool», a déclaré Markos Kyprianou, le commissaire européen chargé de la santé des consommateurs. « Ces chiffres montrent qu'un jeune Européen sur cinq s’adonne à une consommation excessive, c’est ce qui me préoccupe beaucoup », a-t-il ajouté.

Les données de l’enquête révèlent que les hommes boivent davantage que les femmes et qu’un Européen sur dix consomme généralement au moins cinq boissons lors d’une seule « soirée » , ce qui correspond à la définition admise du « binge drinking » (ou alcool défonce). Ce mode de consommation immodérée constitue surtout un problème parmi les jeunes chez lesquels 19 % de la tranche d’âge comprise entre 15 et 24 ans s’adonnent à cette pratique lorsqu’ils consomment de l'alcool.

21% contre

La très grande majorité des Européens se féliciterait de l'adoption de mesures visant à protéger les groupes vulnérables de la société et à réduire les décès dus aux accidents de la route. Seuls 21 % s’opposeraient à l'apposition d'avertissements de santé sur les bouteilles d'alcool et les publicités en faveur de ces produits dans le but d'avertir les femmes enceintes et les conducteurs des dangers de la consommation d'alcool.

76 % d'entre eux approuvent l’interdiction des publicités en faveur de l'alcool qui s'adressent aux jeunes.

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Par ailleurs près de trois quarts des Européens (73 %) interrogés seraient en faveur de l'adoption d'un taux d’alcoolémie inférieur, de l'ordre de 0,2 g/l, applicable aux conducteurs jeunes et novices, et 80 % des répondants estiment que les contrôles aléatoires d’alcoolémie par la police réduiraient la consommation d'alcool des conducteurs avant qu’ils ne prennent le volant.

Parmi la population dans son ensemble, on note des variations nationales considérables. Ainsi, 34 % des répondants irlandais déclarent s'adonner à l’« alcool défonce » et ce taux est de 27 % pour les Finlandais, de 24 % pour les Britanniques et de 23 % pour les Danois. À l'extrême opposé, seuls 2 % des répondants italiens et grecs et 4 % des répondants portugais s'adonnent régulièrement à l’« alcool défonce ».

Le prix serait dissuasif pour les jeunes

L’enquête révèle que la plupart des personnes ne réduiraient pas leur consommation d'alcool si elles devaient le payer plus cher. 62 % d’entre elles indiquent qu’elles n'achèteraient pas moins de boissons alcoolisées si leur prix augmentait de 25 %. Cependant, un tiers (33 %) achèteraient moins d’alcool si son prix augmentait dans une telle proportion. Les jeunes seraient les plus sensibles aux augmentations du prix de l'alcool: 44 % d’entre eux estiment qu’ils achèteraient moins d’alcool si son prix augmentait de 25 %. La plupart des Européens (68 %) considèrent qu’augmenter le prix de l'alcool n'aurait pas d'effet dissuasif sur les jeunes et les gros buveurs.