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Agriculture et alimentation Les consommateurs se rapprochent des producteurs

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Les consommateurs qui faisaient confiance aux grandes surfaces pour choisir leurs aliments ont tendance à vouloir choisir par eux-mêmes aujourd’hui et à se tourner vers les circuits courts car leur confiance a été troublée par les crises sanitaires. Cela entraîne le développement de nouveaux types de relations entre producteurs et consommateurs en circuits courts, a expliqué Sophie Dubuisson-Quellier (CNRS-Paris) lors du colloque de l’Institut français pour la nutrition le 11 décembre à Paris sur le thème « Agriculture et alimentation : des liens à repenser ».

Aujourd’hui, 80 % des denrées alimentaires sont vendues en grandes surfaces. Les compétences des consommateurs, qui consistaient dans le passé à choisir un producteur et un aliment brut, de savoir le conserver, le transformer… ont été transférées aux grandes surfaces. Le consommateur s’est disqualifié pour les opérations de contrôle, les déléguant au service public et aux entreprises. Cette délégation étant généralisée, les nouvelles compétences des consommateurs revenaient à arbitrer les choix possibles entre aliments à l’échelle d’une grande surface. Ce modèle a fonctionné jusqu’aux grandes crises alimentaires qui ont entraîné une rupture dans la confiance et des liens distendus (des producteurs aux consommateurs). Les consommateurs ont eu besoin de renforcer la délégation de contrôle et se sont tournés vers les produits plus contrôlés comme les AOC, les labels, les marques collectives… afin de rendre la distance acceptable. Avec le temps, ce mouvement s’est renforcé et les offres alimentaires également.

De nouveaux critères de choix

Parallèlement, les associations (de consommateurs, écologistes…) ont responsabilisé l’acte d’achat, introduisant de nouveaux critères de choix tels que le respect de l’environnement, la notion d’équité… S’y sont ajoutées des valeurs non-marchandes comme le bien-être ou la santé.

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Toutes ces questions ont entraîné un renouveau du circuit court et direct, entre producteurs et consommateurs. Elles ont redonné du dynamisme aux marchés fermiers, aux ventes à la ferme, aux « paniers », aux associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP). Ces dernières se développent même dans les espaces péri-urbains. Le bassin de production n’est plus alors une contrainte pour les agriculteurs mais une ressource de proximité géographique. De leur côté, les consommateurs se réinvestissent dans le choix du produit brut, sa transformation…

« Il ne faut pas surestimer les volumes échangés en circuits courts », a commenté Sophie Dubuisson-Quellier.