La contamination de cargaisons de denrées alimentaires par des OGM perturbe de plus en plus les échanges mondiaux, selon une enquête de la FAO. Si le nombre de ces incidents reste minime au regard des volumes échangé dans le monde, ils sont appelés à se multiplier. La FAO veut organiser une concertation mondiale qui pourrait par exemple conduire à une définition commune de ce qu'est une « faible quantité d'OGM ».
LE nombre de cargaisons refusées par des pays importateurs de matières premières agricoles à cause de la présence de faibles quantités d'OGM non autorisés est en forte progression dans le monde, constate l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui a publié le 13 mars les résultats d'une enquête sur le sujet.
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Au total, la FAO, qui a recueilli les témoignages de 75 États, a recensé 198 incidents de faibles quantités d'OGM décelées dans des cultures non OGM entre 2002 et 2012 dont la plupart entre 2009 et 2012 (138 cas). Les pays importateurs ont en général détruit ou retourné les cargaisons contaminées. « Le nombre de ces incidents est minime par rapport aux millions de tonnes de produits destinés à l'alimentation humaine et animale échangés dans le monde chaque jour » mais « les interruptions des échanges commerciaux peuvent s'avérer extrêmement coûteuses », et face à la hausse de la fréquence de ces épisodes, la FAO a décidé d'entamer un dialogue entre les pays. D'autant que ces incidents pourraient encore se multiplier dans les années à venir puisque parmi les pays ayant répondu à la FAO, 37 sur 75 indiquent avoir une capacité médiocre, voire nulle, de détection des OGM (pas de laboratoires, de techniciens…) et demandent à la FAO de les aider à améliorer leur capacité à déceler les OGM. La notion de « faible quantité » d'OGM n'est définie ni quantifiée par aucune réglementation internationale. Au niveau national, cette définition varie : pour un grand nombre de pays, elle correspond à une quantité décelable d'OGM. En cas de découverte de cargaisons contaminées, certains ont des politiques de tolérance zéro, d'autre de seuil minimum et d'autres enfin au cas par cas.