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Viticulture Les coop vinicoles plaident pour la régulation

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La priorité donnée naguère à la reconquête des marchés export a conduit la nouvelle organisation des marchés à délaisser le principe de Ia régulation. Les Coopératives vinicoles de France (CCVF) réunies en congrès à Vichy du 6 au 8 juillet ont rappelé toute l’importance des mesures de régulation. Pour Denis Verdier, président de la CCVF, la chose est simple « Nous avons été victimes d’un marché de dupes. La suppression des outils de régulation des marchés incluse dans la nouvelle OCM n’a pas été compensée par la dynamisation promise ».

Pour la CCVF, il faut lutter avec la plus grande force pour le maintien du dernier outil de régulation, les droits de plantation, dont la suppression est officiellement prévue en 2015. Selon la Confédération, l’arsenal de la régulation ne doit pas s’arrêter là : il faut aussi réintroduire dans la logique de l’après 2013 des mesures de stockage, de retrait, de distillation, bref une boîte à outils de régulation quitte à puiser pour cela dans le budget destiné aux DPU.

Logique alimentaire

Pour démontrer la pertinence de cette approche, la CCVF a introduit la problématique viticole dans une logique alimentaire globale. Le premier intervenant, Philippe Mangin, président de Coop de France, n’y a rien vu à redire lui qui estime que « l’actuelle crise mondiale doit permettre de traiter la politique alimentaire de la planète de manière à nourrir 9 milliards d’individus d’ici 30 ans et ceci ne pourra se faire qu’en introduisant de la régulation afin d’éviter la spéculation. »
Son analyse a été confortée par Pierre Pagesse, président de Momagri (Mouvement pour une organisation mondiale de l’agriculture), un cercle réflexion sur les problèmes agricoles internationaux qui, chiffres sur les cours du blé à l’appui, a prouvé que la libéralisation des règles de production et de commercialisation engendrait plus de crise et de chaos que de sécurité alimentaires. « L’alimentation ne peut pas être raisonnée selon les règles d’ajustement de l’offre et de la demande pour la simple raison que la demande est relativement rigide. De ce fait, une variation d’à peine 1 à 2% de la production mondiale à la marge engendre des variations de cours de plus de 300% », affirmait Pierre Pagesse.

Vers une remontée des cours

Ces analyses macro-économiques permettent à Thierry Costes, président du groupe de travail vin du Copa-Cogeca, d’annoncer « une remontée prochaine et brutale des cours du vin en raison des nombreux arrachages en Europe et dans les pays du Nouveau Monde, suivie d’une nouvelle crise lorsque les plantations que ces prix ainsi suscités entreront en production. Il faut réintroduire des mesures de stockage privé et de distillation au cas par cas afin de gérer les crises là où elles se situent ».

Règles de concurrence

Cette mise en perspective du local à l’échelle globale a trouvé un écho chez Michel Prugue, président du conseil permanent de l’INAO. « Il faut que les règles de concurrence prennent en compte l’équilibre économique de la filière pour permettre de fixer un juste prix. Qu’une interprofession s’entende sur des volumes ou des cours soit actuellement considéré comme anticoncurrentielle, c’est oublier que les vins sont en grande partie substituables entre eux. Il faut raisonner les règles de la concurrence à l’échelle de l’offre nationale, européenne voire mondiale et pas entre les opérateurs d’une région ».
Guénola Mainguy, conseillère du ministre de l’agriculture Bruno Le Maire, a non seulement pris acte des discours, mais également annoncé que le ministre de l’Agriculture se battrait pour le maintien des droits de plantation avec les arguments que lui apporte le rapport de la Députée Catherine Vautrin. De plus, le ministre entend bien faire évoluer le droit de la concurrence afin d’autoriser des mesures de régulation.

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