« La Commission doit prendre ses responsabilités de gestionnaire européen du risque et s’assurer que les consommateurs restent toujours la priorité ». Pour Euro Coop, l’association européenne des coopératives de consommateurs, les conclusions d’une étude scientifique britannique sur les liens supposés entre les additifs alimentaires et le comportement des enfants « sont à prendre très au sérieux » et revêtent une importance particulière au moment où l’UE est en train de réviser sa législation sur les additifs alimentaires.
« En accordant du crédit à l’étude britannique et en la soumettant à un examen scientifique rigoureux, les autorités européennes montrent qu’elles semblent prendre les inquiétudes des consommateurs au sérieux », commente Laura Street, conseillère en politique alimentaire à Euro Coop à propos des conclusions de cette étude de l’Université de Southampton sur les effets des additifs consommés par les enfants. Dans le même temps, avertit cette dernière, « la Commission, au moment de prendre une décision, devra résister aux pressions de l’industrie agroalimentaire qui tente déjà de calmer le jeu par tous les moyens ». Témoin, dit-elle, cette déclaration de Julian Hunt, la directrice de la communication de la FDF (Food and Drink Federation) britannique « qui met en doute les méthodes des tests utilisés par les chercheurs de Southampton et assure que l’étude ne suggérait aucunement qu’il s’agissait d’une question de sécurité alimentaire ».
Euro Coop soutient le contraire et rappelle qu’il s’agit bien d’une question alimentaire et de santé publique et qui concerne en plus des enfants. Elle se félicite que de nombreuses coopératives de consommateurs à travers l’Europe travaillent déjà activement à éliminer ou à diminuer les colorants artificiels et conservateurs de leurs produits, à l’instar du « Co-operative Group » qui fut le premier distributeur au Royaume Uni à entreprendre une telle démarche. Une initiative similaire est en cours également en Italie. Euro Coop s’étonne par ailleurs du silence sur cette affaire non seulement de l’industrie agroalimentaire européenne La CIAA n’a pas encore réagi et attendrait avec une totale confiance l’évaluation de l’AESA sur les conclusions de l’étude britannique. mais aussi des associations européennes de consommateurs et de défense de la santé publique.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
L’AESA poursuit ses réévaluations
Indépendamment de ce dernier développement, l’AESA a été chargée de réexaminer tous les additifs alimentaires autorisés dans l’UE pour s’assurer qu’ils sont toujours sans danger au vu des plus récentes découvertes. C’est le groupe scientifique AFC (groupe sur les additifs alimentaires, les arômes, les auxiliaires technologiques et les matériaux en contact avec les aliments) de l’AESA qui procède actuellement à la réévaluation de la sécurité de tous les colorants alimentaires autorisés dans l’UE, au cas par cas. Lors de sa prochaine assemblée plénière, fin septembre, le groupe AFC évaluera ces résultats et déterminera s’il est nécessaire d’approfondir les travaux. La FSA britannique a été invitée à fournir des données plus détaillées pour faciliter les travaux de l’Autorité européenne. En juillet, l’AESA a publié un premier avis sur une série d’environ 45 colorants naturels et artificiels. Les travaux portant sur les colorants devraient s’achever fin 2008. Sur la base des recommandations scientifiques de l’AESA, la Commission européenne et les autorités nationales des États membres décideront s’il convient de prendre des mesures afin de protéger la santé des consommateurs.