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Fruits et légumes Les coopératives d’Europe du Sud veulent peser sur la réforme européenne

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Il reste encore quelques semaines pour peser sur la réforme de l’organisation européenne des fruits et légumes. Du coup, les coop jouent leur va-tout. Les organisations coopératives d’Europe du Sud, à l’occasion de l’assemblée générale des Françaises le 4 avril, viennent de signer une plate-forme commune. Objectif : obtenir des inflexions au projet de nouveau règlement qui pourrait être adopté début juin par le conseil des ministres européens de l’agriculture.

Les Espagnols, Italiens et Portugais viennent de faire alliance avec les Français pour modifier le projet de réforme de l’organisation commune de marché des fruits et légumes. Ce sont en tout cas les coopératives, qui ont une position clef sur ce marché, qui ont élaboré ensemble un document commun pour infléchir le projet Bruxellois. Ces quatre pays représentent ensemble 70 % des organisations de producteurs des fruits et légumes et 40 % de la production. Que veulent-elles ? D’abord que des moyens financiers plus conséquents soient consacrés aux fruits et légumes, notamment pour l’encouragement des organisations de producteurs que Bruxelles veut soutenir.

15 % de la production reçoit 3 % des aides

Les patrons de coopératives regrettent de voir que les fruits et légumes, qui correspondent à 15 % de la production agricole européenne, ne perçoivent que 3 % des aides de la Pac. Les hausses demandées concernent notamment les programmes opérationnels des organisations de producteurs (OP). Bruxelles semble d’accord pour financer 60 % d’un bon nombre de programmes opérationnels et non plus 50 %. OK, disent les coop mais il faut aussi faire sauter le plafond de 4,1 % (de la valeur des ventes de l’OP) imposé à cette aide. Autrement, cela ne sert à rien. D’ailleurs, selon Felcoop et ses homologues européens, le secteur des fruits et légumes devrait récupérer les fonds qui ne seront plus consacrés, bientôt, aux subventions à l’exportation.

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Autre demande : que l’Europe apporte une aide financière substantielle aux programmes de prévention des crises et qu’elle reconnaisse le bien-fondé de mesures comme les aides aux ventes à l’industrie. En ce qui concerne ce débouché, les coopératives se méfient du principe du découplage des aides (absence de lien avec le volume produit) qui interviendrait notamment pour les tomates. Elles craignent une raréfaction de l’offre qui pourrait mettre en péril certaines filières industrielles. Enfin, les coopératives insistent pour que les DPU, ceux que touchent les céréaliers par exemple, ne puissent pas être éligibles aux surfaces de fruits et légumes. Histoire d’éviter une concurrence déloyale évidente. Tout ce dossier devrait être reporté à la discussion générale sur la grande réforme de la Pac, attendue pour, 2013, estime-t-on chez Felcoop.

Plus de liberté aussi

Si elles veulent plus de soutien de l’Europe, les coopératives et OP n’entendent pas se lier les mains. Elles récusent, par exemple, l’obligation qui serait faite d’utiliser 20 % des fonds des programmes opérationnels pour faire de la promotion auprès des jeunes consommateurs de moins de 18 ans. « Ce n’est pas notre boulot », disait un congressiste de Felcoop le 4 avril, expliquant qu’il était conscient qu’il faille faire de la promotion de ce type mais que ce n’est pas avec des besoins éparpillés qu’on sera efficace. C’est au rôle de l’État de faire ce type d’action, affirmaient plusieurs congressistes. Autre contrainte refusée, l’obligation de consacrer 20 % des dépenses des programmes des OP à l’environnement. En somme, les coopératives voudraient des marges de liberté plus importantes, plutôt que de se voir imposer des pourcentages mini ou maxi pour telle ou telle action.