Abonné

Lait Les coopératives laitières veulent préserver la production en montagne

- - 4 min

La production laitière en zone de montagne est menacée par un déficit de compétitivité, s'inquiètent les coopératives laitières, qui demandent une aide à la collecte. Elles sont aussi préoccupées par les conséquences de l'étiquetage nutritionnel sur les fromages, et des suites de l'embargo russe.

L A fin des quotas laitiers et la compétition économique exacerbée qu'elle entraînera entre pays, mais aussi entre régions productrices, pourrait menacer le lait de montagne. Pour le sauver, la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL) a proposé plusieurs pistes aux députés, lors d'une rencontre, le 18 novembre à l'Assemblée nationale.

Temps de collecte plus long, coût de la main d'œuvre plus élevé, exploitations plus petites, « le surcoût de la collecte est de 14 euros les 1 000 litres », chiffre Damien Lacombe, président de Sodiaal, la plus grosse coopérative française. Il demande d' « aider les entreprises dans une période où la notion de compétitivité devient majeure », avec la sortie des quotas laitiers. « Dans certaines zones, l'importance économique de notre filière est très grande, justifie-t-il.

Une aide à la collecte en montagne

Pour combler le déficit de compétitivité, la FNCL a demandé aux députés une aide à la collecte en zone de montagne. Elle propose une aide à la collecte versée à l'entreprise, ce qui pourrait poser un problème avec le droit européen, ou une aide à l'acheminement, versée aux producteurs et récupérée par les entreprises. Elle évoque notamment la possibilité d'une aide du premier pilier (dédié aux paiements directs), dans le cadre de l'article 68, ou d'une aide du second pilier (pour le développement rural), en sus des aides existantes. Pour les producteurs, l'aide couplée à la production de lait devrait être deux fois plus élevée pour la montagne que la plaine dans la prochaine PAC, mais la FNCL plaide pour un soutien aux entreprises. Pour les coopératives, obligées de collecter ce lait plus cher, comme pour les privés, qui pourraient sinon finir par ne plus collecter les éleveurs trop petits ou trop éloignés.

Cette demande vise particulièrement les zones qui ne peuvent pas valoriser le lait grâce à des appellations d'origine. 14 000 éleveurs de montagne produisent 4 millions de litres de lait en coopérative, selon la FNCL.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

étiquetage nutritionnel
Suivi
Suivre
L'étiquetage nutritionnel inquiète les fromageries

À l'autre bout de la chaîne alimentaire, la commercialisation inquiète aussi, avec un système d'étiquetage nutritionnel en préparation qui pourrait défavoriser les fromages. « Nous sommes très favorables pour améliorer l'étiquetage nutritionnel, mais nous ne voulons pas que cette information soit caricaturale », explique Dominique Chargé, président de la FNCL. « Les produits de nos régions risquent d'être stigmatisés par les critères du programme national nutrition santé. Que faisons-nous de nos AOC ? », questionne-t-il. Le ministère de la Santé avait évoqué un système de classement selon des pastilles de couleur, de vert pour les aliments à privilégier à rouge pour ceux à limiter. Ce qui pourrait mettre les fromages dans la case des « mauvais » produits. « L'équilibre alimentaire se fait sur la durée et repose sur la diversité des aliments et la juste taille des portions », argumentent les coopératives.

Relever les seuils d'intervention européens

Sur le plan économique, les coopératives réitèrent leur demande envers l'UE concernant « le relèvement exceptionnel et temporaire des seuils d'intervention sur le beurre et la poudre, afin d'endiguer la baisse des prix, accentuée par l'embargo russe depuis cet été ». Elles espèrent avoir une oreille plus attentive de la nouvelle Commission européenne. Mais le sujet ne semble pas être à l'ordre du jour à Bruxelles.

Enfin, au sujet des relations avec la grande distribution, la FNCL souhaite que « cesse la guerre des prix entre les enseignes, menée au détriment de leurs fournisseurs et, in fine, des consommateurs », et soutient le projet gouvernemental de Comité de suivi des relations commerciales.