L’assemblée générale de Felcoop (Fédération des coopératives de fruits et légumes), qui s’est tenue le 29 mars, a mis en lumière « le démantèlement des différents outils de marché qui risque de détruire le tissu économique de ce secteur ».
« Notre problématique des échanges est simple : nous produisons en zone euro avec un coût français», a déclaré Jean-Michel Delannoy, président de Felcoop (Fédération française de la coopération fruitière, légumière et horticole). Les productions « de qualité France » appliquent la lutte intégrée, respectent les cahiers des charges les plus contraignants comme HACCP, Eurep-Gap, mais elles sont menacées par « une baisse de contingent par ci, un panel OMC par là, des restitutions qui s’amoindrissent». L’accent a été mis lors de cette assemblée générale sur deux produits phares qui ont fait l’actualité de ces derniers mois, la tomate et la pomme, en raison d’un gonflement des importations en provenance de pays tiers.
« On ne fait pas manger impunément plus de tomates aux consommateurs qu’ils ne peuvent en absorber », s’est exclamé Pierre Diot, président des producteurs français de ce produit, s’adressant à Phlippe Tabary, administrateur principal à la Commission européenne. Il faisait ainsi allusion aux accords passés entre l’UE et le Maroc consistant en un accès du marché marocain aux céréales européennes, en contrepartie d’achats plus importants de tomates.
Une alternative au retrait
« Le marché de la pomme a été perturbé par une non-application de la clause de sauvegarde. Il faut absolument négocier une réciprocité totale, y compris sur les barrières sanitaires», a lancé pour sa part Jacques Vanoye, arboriculteur dans la Somme.
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Le président de Felcoop a mentionné plusieurs démantèlements d’organisations de marché : celui de la banane qui fragilise l’économie des Antilles, celui de la pomme de terre de fécule, qui va entraîner une reconversion des productreurs vers la pomme de terre de consommation, celui de l’OCM « sucre » qui risque de rejaillir sur des transferts d’hectares vers la production de légumes d’industrie.
Felcoop a rédigé un document avec ses homologues d’Espagne, du Portugal et d’Italie, qui appelle à un maintien des organisations de producteurs, à une « amélioration de la gestion des programmes opérationnels (en gardant le taux de financement à 4,1%), et à une mise en place d’un système de prévention de crise. Ce document mentionne les débuts d’une réflexion sur les possibilités d’établir un mécanisme de gestion de crise du marché des fruits et légumes alternative au retrait, système compliqué et rejeté par la société. Les coopératives des quatre pays entendent ainsi formuler leurs propositions quelques mois avant la réforme de l’organisation commune de marché des fruits et légumes qui aura lieu probablement au second semestre.