" ", a lancé Daniel Rabiller, président du Syncopac, lors de l'assemblée générale de la fédération, le jeudi 8 avril 2004 à Paris. La persistance de la crise des productions animales qui touche la fabrication des aliments composés, les nouvelles contraintes réglementaires, les nombreuses incertitudes concernant l'application de la réforme de la Politique agricole commune (Pac) et l'élargissement de l'Union européenne, expliquent ce sentiment. Face à cela, les professionnels ont décidé de réagir. Pour anticiper les évolutions du marché, de nouvelles stratégies sont d'hors et déjà mises en œuvre.
Les professionnels de l'alimentation animale n'ont jamais été confrontés à autant de difficiles enjeux actuels et à venir, si l'on en croit l'assemblée générale de la Fédération nationale des coopératives de production et d'alimentation animales (Syncopac). Quelles sont les causes de ces inquiétudes ? Hausse des prix des matières premières, nouvelles taxes et nouvelle Pac, sont parmi les plus importantes. La hausse historique des prix des matières premières, suite à la sécheresse de l'été 2003, s'est fait cruellement ressentir. Daniel Rabiller indique que " le prix du blé a augmenté de près de 50 % en six mois, entre juin et novembre ; le tourteau de soja de près de 30 %". En moyenne, la sécheresse a occasionné selon le Syncopac "une hausse des prix de près de 20 % de l'ensemble des matières premières".
De nouvelles contraintes réglementaires en perspective
En plus de la taxe d'équarrissage qui a pénalisé la filière élevage et dont les fabricants d'aliments ont souffert indirectement, le Syncopac s’attend à devoir faire face à la prochaine taxe sur les pollutions azotées. Cette "redevance", à l'étude par le ministère de l'Ecologie, dans le cadre de la nouvelle loi sur l'eau, serait appliquée sur les engrais minéraux et les aliments du bétail. Le président du Syncopac a rappelé que l'industrie de l'alimentation animale avait déjà fait savoir à Roselyne Bachelot " son refus d'être le collecteur d'une taxe qui ne la concerne pas directement et qui représenterait plus de la moitié du résultat net de son activité". Selon Daniel Rabiller, cette taxation serait profondément inéquitable, car " elle ne concernerait pas les produits importés et directement utilisés par les éleveurs, tels que le tourteau de soja, mais elle taxerait deux fois les matières premières produites (une fois sur les engrais et une deuxième fois à l'achat des aliments)". Par ailleurs, " elle ne prendrait pas en compte les efforts réalisés depuis plusieurs années par les fabricants d'aliments dans la mise au point de formules réduisant les rejets d'azote et de phosphore dans les déjections animales", a-t-il estimé.
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Des inquiétudes sur la nouvelle Pac et sur l'élargissement de l'UE
" La nouvelle réforme de la Pac avec la mise en œuvre du découplage des aides, va conduire à une remise en cause des conditions de production, a indiqué Daniel Rabiller. Cela va modifier l'équilibre agricole actuel entre les différentes productions et entre les pays, et accroître inévitablement les disparités en termes de concurrence". Le Syncopac craint également des conséquences néfastes sur le secteur de l'élevage suite à l'élargissement de l'Union européenne à dix nouveaux pays, le 1 er mai 2004. " Ces nouveaux pays vont inéluctablement modifier l'équilibre du marché communautaire, à cause de conditions de productions très différentes des nôtres", a estimé Daniel Rabiller. Cependant, le président du Syncopac a reconnu que cette ouverture à l'Est pourrait constituer de nouveaux débouchés commerciaux.
Rénovation de la coopération française
Face à ces nouveaux enjeux, les professionnels de la filière ont décidé de réagir et d'entreprendre une réelle rénovation des structures coopératives du secteur. Le 3 décembre dernier a été créé Coop de France, qui vise à assurer l'unité de la coopération française pour accroître sa force d'expression sur le plan national et européen. Le Syncopac et le Syndicat national des industries de la nutrition animale (Snia) ont par ailleurs engagé il y a près d'un an, un rapprochement en vue d'établir une fédération commune. Alors que cette nouvelle organisation devait voir le jour en septembre dernier, différents problèmes ont finalement fait échouer la démarche. Mais Daniel Rabiller a insisté : " ce projet est simplement différé et il devra être repris dès que possible".