A l’occasion de son assemblée générale le 28 octobre à Orléans, la FNCBV (Fédération nationale des coopératives bétail et viande) a présenté un plan de relance de l’engraissement, fondé notamment sur des projets de filière. Ces derniers bénéficieront d’une aide publique de 2 M d’euros, a annoncé le secrétaire d’Etat à l’Agriculture Nicolas Forissier.
Les coopératives du secteur Bétail et Viande, réunies en congrès à Orléans, ont présenté le 28 octobre un plan de relance de l’engraissement. Cette initiative est motivée par des prévisions alarmistes. « Si rien n’est fait, la production de jeunes bovins chutera de 20 % dans les 5 ans à venir », a prévenu Jean-Claude Guesdon, de l’Institut de l’élevage.
Le plan élaboré par la FNCBV comporte deux volets. L’un consiste à mettre en place une caisse de garantie, permettant de sécuriser la valeur ajoutée. L’éleveur sera assuré d’un niveau de marge moyen entre les cours des animaux maigres et gras pendant 5 à 7 ans. Plus son investissement sera élevé, plus le niveau de garantie sera important. L’autre volet concerne des projets de filière. L’idée est d’engager l’éleveur à contractualiser sa production pendant au moins cinq ans, sur la base de critères permettant de planifier l’approvisionnement des entreprises d’abattage et de transformation. Dans son allocution, le secrétaire d’Etat à l’Agriculture Nicolas Forissier a qualifié de « concept pertinent » ces projets de filière. Une ligne budgétaire de 2 millions d’euros leur sera consacrée en 2005.
Des conclusions sur l’équarrissage mi-décembre
Ces fonds publics profiteront « dans un premier temps à l’engraissement des bovins», avant un « élargissement à d’autres filières ». Il aussi évoqué la réforme du service public de l’équarrissage. « Les choses avancent», a-t-il souligné. Un groupe de travail doit rendre ses conclusions avant la mi-décembre. Jean Bonnet, président de la section des groupements de producteurs, a décrit les grands principes des projets de filière. Tout acteur impliqué dans le contrat devra s’engager financièrement. Un autre élément clé concerne la bonne planification de l’offre et de la demande. Cela reposera sur un cahier des charges décrivant la nature des animaux, les volumes et les périodes de livraison. Le troisième facteur de réussite tient à la fidélisation des éleveurs.
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« Un renforcement des relations entre l’amont et l’aval est nécessaire, a déclaré Philippe Dumas, au nom des coopératives d’abattage et de de transformation. Il faut soutenir les éleveurs voulant investir dans le JB. » Selon lui, l’avenir de l’activité dépend d’une adaptation de la production, notamment sur le plan de l’homogénéisation des lots, de l’âge, du poids des animaux.
Trop grande atomisation de la production
Ludovic Pageaud a présenté quelques axes de travail de la commission engraissement à laquelle il a participé. « L’engraissement soufre d’une trop grande atomisation de la production, a-t-il dit. La filière doit se professionnaliser. » Cela passe par la mise en place d’ateliers rentables et l’investissement dans des outils ayant une taille adaptée. Car les conditions de production dans de grandes unités permettent de sortir des lots homogènes, avec un nombre d’animaux suffisant, qui répondent aux exigences du marché. Des références de prix transparentes doivent voir le jour, autant pour le maigre que pour le gras. Cette démarche est initiée depuis plusieurs années sur les animaux finis. Aujourd’hui, les groupements de producteurs réfléchissent à la mise en place de grilles similaires dans le maigre. Enfin, la filière doit s’attacher à professionnaliser les circuits d’échange d’animaux. Elle doit s’orienter, estiment les coopératives, vers la construction de relations fortes et durables entre opérateurs, plus spécifiquement vers la structuration des relations entre maigre et gras.